Lundi 22 octobre 2007
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Le plus difficile est de sortir de l'emprise de la novlangue créée par les idéologues au service du pouvoir capitaliste qui enferme la pensée et les débats de société dans des
carcans qui empêchent tout remise en cause profonde du système. La Novlangue déploie des concepts creux, dont le plus bel exemple est le concept de "développement durable", mais on pourrait dire
de même du terme de "cohésion sociale" ou de "démocratie participative" développée principalement par des agences de communication. Ces concepts remplissent des vides, des frustrations et
servent de paravent.
Par exemple, le problème environnementale.Les capitalistes ont bien compris dans les années 80-90 que le système de production industriel était très nocif et détruisait
l'écosystème. Aussi, ils avaient compris que la société civile allait le leur reprocher de plus en plus vivement et que cette critique pourrait potentiellement remettre en cause l'ensemble du
système. La population pourrait peut-être ne serait ce qu'imaginer que ce système de production ne pouvait se poursuivre. Aussi ont-ils pris le taureau par les cornes et pris les devants. Ils ont
inventé le concept de "développement durable". Ce concept a permis de focaliser les débats environnementaux sur comment faire pour limiter les dégâts tout en empêchant une remise en cause
globale. Les capitalistes ont pu s’appuyer sur ce concept pour déployer leur propagande sur les mesures concrètes qu'ils prenaient tout en ne laissant pas de place aux discours alternatifs ou en
les disqualifiant par la propagande.
La novlangue est partout. Elle est le vocabulaire technique des professionnels de telle ou telle profession ou des concepts généraux sur des thèmes de société. La langue et le
vocabulaire ainsi que la grammaire sont les armes qui permettent de légaliser, d’institutionnaliser l’ordre social, de le rendre évident, qu’il coule de source, qu’il fasse partie du monde
comme si cela avait toujours été. La langue efface la mémoire. Elle fixe la pensée. La pensée ne peut se déployer que par la langue. C’est la langue qui détermine la pensée. Aussi, la maîtrise
des concepts par les tenants du pouvoir permet de maîtriser la pensée de la population. C’est l’enfermement de la pensée.
David Bohm, grand physicien du XXème siècle, avait proposé de changer la grammaire des langues occidentales. En effet, la structure «sujet verbe objet » figeait notre vision du
monde par la sur-représentation des choses au dépend des verbes qui représentaient le faire, la transformation. La grammaire nous pousse à objectiver le monde alors que celui-ci se transforme
constamment, les choses n’étant que les formes stables temporaires d’un matière toujours en mouvement. Aussi, il proposait de donner plus d’importance au verbe notamment en déclinant les noms
sous forme de verbe.
Aussi, le point de départ d’un processus réellement révolutionnaire réside sûrement dans la création d’une langue qui ne serait plus la même que celle de nos ennemis.
Historiquement, on peut mesurer l’importance en France de l’imposition du français sur les peuples qui vivaient sur le territoire qui représentait cet autre concept de«Nation Française». Les
langues régionales ont été interdites et ce n’est pas pour rien. On retrouve ce phénomène partout dans le monde. Comment inventer une autre langue ? Je n’ai pas l’intention ici de déterminer ce
qu’elle pourrait être et cela se créé au fur et à mesure dans le faire. Cependant, l’organisation de la langue doit être repensée intelligemment, notamment sa grammaire. L’esperanto que je ne
connais que très peu, mais je vais y remédier cet hiver, peut être une piste, les bases des langue régionales aussi. Je n’ai pas d’idée à priori. Je veux ici évoquer son idée, non sa
forme.
Certains vont peut-être dire que je suis en train de dérailler. Mais, justement, si des pensées qui vous viennent vous paraissent incongrues, saugrenues, impossibles à
envisager, c’est que vous êtes sur la bonne voie, vous commencez à sortir du cadre de pensée dans lequel le Pouvoir cherche à nous enfermer constamment. En cela, par exemple, le concept des
Idiots de Lars Von Triers est pertinent. En fait, l’acte révolutionnaire aujourd’hui pourrait se définir de la manière suivante : vous produisez un acte révolutionnaire à partir du moment ou cet
acte sort du cadre de comportement conventionnel voulu par le Pouvoir, à partir du moment où ce que vous faites ou dites ne colle plus avec la « réalité » ambiante où les logiciels de
normalisation ne savent plus traiter votre acte et surtout que ces logiciels ne l’ont pas prévu.
L’acte révolutionnaire doit être imprévisible par essence. Il doit créer la surprise et l’incapacité du système à répondre correctement. La parole, la langue entre dans cette
logique.
Aussi, manifester dans des manifestations déclarées en préfecture est parfaitement inutile est n’est pas un acte révolutionnaire. C’est juste un acte de mécontentement. On est
mécontent de l’acte du pouvoir à notre encontre. On souligne notre mécontentement mais le système répond à ce mécontentement de manière quasi-automatique par des procédés d’ingénierie
sociale. Provoquer un émeute gratuite sans raison apparente dans une rue commerçante juste parce que des flics ont demandé des papiers à quelqu’un est un acte révolutionnaire. De même, déclarer
en préfecture une manifestation sur un tracé et provoquer le jour dit plusieurs manifestations sauvages partout ailleurs dans toute la ville en même temps avec déplacements rapides, avec des
phénomènes de disparition et de reformation provoque la panique des autorités. Le principe directeur est d’échapper constamment à la logique de l’adversaire. A ce moment là, on a toujours un coup
d’avance car, par contre, l’acte de la répression est tout à fait prévisible et analysable. Toute expérience permet aussi de tester et d’apprendre du comportement de l’autre. Mais si l’ennemi
n’arrive pas à trouver la logique de vos actes, il ne saura pas y répondre. C’est bien pour cela que les processus de normalisation déployés par le pouvoir sont créés. Une population qui agit de
la manière dont on le veut est beaucoup plus maîtrisable. C’est principalement la peur qui en est le moteur. Aussi, c’est la possibilité d’avoir une alternative, une possibilité de faire
autrement et de se sortir d’un mauvais pas qui peut permettre d’atténuer cette peur.
Notre société est extrêmement complexe. Sa fragilité tient justement dans sa complexité et son extraordinaire interdépendance . Tout agit sur tout. Aussi, un problème à un endroit
provoque des effets sur l’ensemble du système. En cela, notre société ressemble à une forme organique. Aussi, provoquer le chaos dans un rouage du système peut déstabiliser le système et celui ci
tentera par toute les moyens de rétablir l’ordre. Aussi, l’acte irresponsable, déraisonnable et sans raison apparente est potentiellement très déstabilisant pour notre système.
Pour revenir à la novlangue, se battre sur le terrain de la novlangue ne mène à rien et érode les forces. La seuls chose que l’on puisse faire est de dévoiler le vide des concepts
mais le travail le plus important est surtout de formaliser notre propre manière de nommer les choses et les concepts et oublier la novlangue, ne plus s’en rappeler, ne pas laisser les paroles
entendus à la radio, chez le voisin, chez les amis s’accrocher dans notre cerveau, n’avoir aucun argument à opposer au débat créé de toute pièce autour de ces concepts, s’en foutre royalement. On
s’en fout. La principale force de la propagande est l’intérêt qu’on lui porte, que ce soit positif ou négatif. Même si on est contre, la propagande agit correctement. Par contre, ne pas être
réceptif, être transparent au message, s’en désintéresser est plus pertinent. La propagande créé aussi des centres d’intérêts, remplit le temps et l’esprit de la population. Les grandes messes
sportives sont extrêmement puissantes pour cela, les créations de stars aussi, etc. Aussi, s’employer à fuir tout centre d’intérêt créé par la foire médiatique est déjà un acte
considérable.
Le rôle des « artistes » peut être à mon avis crucial dans ce processus en tant que locomotive, en tant que source créatrice de l’acte révolutionnaire, en tant qu’impulsion
première, initiatrice de l’acte créateur révolutionnaire. Plus la création se répandra et sera approprié par un nombre grandissant d’individu, plus la force révolutionnaire prendra de la vigueur.
En fait, l’acte révolutionnaire est ontologiquement un acte de création. Mais attention car le système peut tenter de récupérer ce potentiel créateur en le valorisant. Aussi, des sommes
colossales pourront par exemple être proposés aux « artistes révolutionnaires » pour produire leur acte dans un cadre institutionnel. Le système nous dit alors : vous voulez vous exprimer, très
bien faites le, la population passive sera heureuse de venir vous voir. A ce moment, le potentiel révolutionnaire de l’acte est totalement annulé. Il ne reste alors plus que la dimension «
artistique » au sens bourgeois du terme. Aussi, le mieux est de refuser tout référence à de l’art. L’acte révolutionnaire n’est pas un acte artistique mais un acte de création qui peut provenir
de n’importe quel individu et pas forcément d’un individu estampillé « artiste ». D’ailleurs, le concept même « d’artiste » appartient maintenant aussi à la novlangue en tant que concept
catégorisant et réducteur. Il est donc préférable de l’éviter.
Je vais donc finir par écrire dans une autre langue….Méfiez vous…
Makhnovitch.
bons:
les mots bio-diesel, bio-carburants, bio-industrie, produits phytosanitaires, anti-biotiques, pôle de santé(groupement d'industrie pharmaceutiques qui ne font pas que contribuer a la santé mais s'en mettent plein les poches sur le dos des gens malades, hélas dans ma région natale)... il y en a tant !!
Pour les enfants trop vigoureux: hyper-actifs, à médicaliser d'urgence pour éviter aux parent de s'investir dans l'éducation, pour ceux qui pensent différement: alter-mondialistes qui a remplacé le communiste...quel beau monde !
Un dernier fameux celui là : industries de sécurité (autres manière de dire industrie d'armement en français courant)
isa