<![CDATA[Terre De Brut]]> http://www.terredebrut.org/ site s'intéressant au pic pétrolier (peak oil) et aux problème énergétiques et notamment aux énergies fossiles fr over-blog.com RSS 2.0 Generator <![CDATA[Alerte : la Russie menace d'utiliser la force au Kosovo !]]> http://www.terredebrut.org/article-16930128.html

Le nouveau site va exister prochainement d'ici quelques semaines, (du moins j'espère que j'en aurais le temps : cf article ci dessous).  Je n'ai pas encore pris de décision sur sa forme finale.  Mais je confirme mon intention de le rendre viable et de le développer en mini-agence de presse et d'étude sur le pic pétrolier et ses conséquences. Le travail à venir est donc considérable et relève du défi.

Mais j'ai confiance car la cause est juste. Aussi, je devrais donc reprendre une publication régulière, même très régulière une fois que la structure sera en place puisque ce sera mon activité principale.

Aussi, les coupures de publication de plusieurs mois qui ont eu lieu pendant l'année 2007 ne se reproduiront pas sauf si les ressources ne sont pas vraiment pas suffisantes.

Je tiens aussi à affirmer mon intention de constituer un réseau d'informations et de liens avec d'autres structures et d'autres mouvements. 

Par contre, étant donné la masse de travail sur la mise en place du site, de la structure, le rapatriement des articles de terredebrut et resornoir, je ne devrais pas pouvoir publier beaucoup en attendant sur terredebrut. 

Mais aujourd'hui, je suis poussé à écrire cet article devant la situation géopolitique internationale qui devient franchement inquiétante et à plusieurs niveaux. 

Alerte  :
la Russie menace d'utiliser la force au Kosovo !

Ce matin, après une nuit de violence à Belgrade, Moscou a menacé d'utiliser la force face à l'OTAN sur l'indépendance du Kosovo. 

Sur voltaire.net, Jürgen Elsässer citait  le 9 février 2008 un député allemand de CDU  selon lequel la déclaration d'indépendance du Kosovo pourrait apparaître comme la mèche d'un baril de poudre à la manière de l'assassinat du couple héritier d'Autriche en 1914 qui déclenchèrent la Première Guerre Mondiale. 

Or, la situation depuis dimanche, jour de la déclaration d'indépendance du Kosovo semble se durcir incroyablement.

Parallèlement, l'OTAN semble avoir adopté la doctrine américaine des frappes nucléaires préventives. Un rapport (Towards a Grand Strategy for an Uncertain World: Renewing Transatlantic Partnership") sorti en décembre 2007 va dans ce sens. Le site GlobalResearch a sorti un article le 11 février 2008.

Dans un article du Sidney Morning Herald daté du 11 février 2008 sur ce rapport, le journaliste explique que  "ils (les auteurs du rapports) considèrent que la guerre nucléaire pourrait devenir bientôt possible dans un monde de plus en plus brutale. Ils proposent que l'utilisation "préventive" reste l'instrument ultime pour prévenir l'utilisation d'armes de destruction massive dans le cas d'une escalade militaire.".

("They [the authors of the report] consider that nuclear war might soon become possible in an increasingly brutal world. They propose the first use of nuclear weapons must remain "in the quiver of escalation as the ultimate instrument to prevent the use of weapons of mass destruction". (Paul Dibb, Sidney Morning Herald, 11 February 2008 )

Ils professent donc d'utiliser des armes destruction massive en premier pour empêcher l'utilisation des armes destruction massive !


La gravité de ce genre de doctrine militaire qui remet en cause le principe de dissuasion nucléaire de la guerre froide est évidemment considérable quand ce sont les USA qui l'adopte et cela depuis 2002. Ceux-ci considérent maintenant l'usage des armes nucléaires de la même manière que les armes conventionnelles, même contre des ennemis dépourvus d'armes nucléaires.

Mais c'est encore autre chose quand c'est l'OTAN qui l'adopte car l'OTAN se trouve dans une situation de plus en plus tendue avec la Russie et plus encore ces jours derniers avec l'affaire du Kosovo.

Il existe un autre contentieux avec la Russie, ce sont les rampes de lancement anti-missile que le USA veulent installer en Pologne. La Russie a qualifié quasiment d'actes de guerre si cela se produisait. Elle a donc rompu les accords de non agression avec l'OTAN l'année dernière et a menacé de rediriger ses missiles nucléaires vers les capitales européennes ! Poutine a comparé l'affaire du bouclier anti-missile à la Baie des Cochons en 1962 !

Parallèlement, d'autres "affaires" dans le monde semble tourner au vinaigre. Ainsi, l'assassinat du leader du Hezbollah en Syrie. La Syrie et l'Iran semble persuadé qu'elles vont devoir affronter militairement Israël et le Vénézuela commence à s'inquiéter d'une possible invasion de son territoire par la Colombie et les USA tandis que l'affrontement avec Exxon-Mobil continue et que Chavez a menacé les USA de stopper l'approvisionnement en pétrole. Enfin, la situation au Pakistan se complique de plus en plus et il est difficile de savoir où cela va déboucher mais les USA pourrait aussi intervenir.


La situation géopolitique est de plus en plus incertaine. Si les dirigeants de ce monde se préparent réellement à la guerre et à un holocauste nucléaire comme réponse aux problèmes gravissimes auxquels nous faisons face, et cela grandement à cause d'eux, alors ces gens là sont les incarnations du mal absolu.

Il faut être sacrément diabolique pour déclarer lutter contre les armes de destruction massive par leur utilisation en premier ! surtout quand on a de grandes responsabilités sur la destinée de l'Humanité tout entière par le pouvoir qui nous est dévolu.

Je ne sais pas plus que vous comment la situation au Kosovo va évoluer mais les déclarations des officiels russes ne sont pas rassurantes. Imaginez la situation des généraux russes face à la doctrine d'action préventive de l'OTAN. Ils se disent : l'OTAN  a décidé en gros de frapper les premiers en cas d'escalade militaire. Par conséquent, nous devons adopter la même stratégie. Il faut que l'on frapper aussi les premiers avant eux.

Par conséquent, cette doctrine mène au principe du duel ou c'est le premier qui dégaine qui tue l'autre. Le risque est que l'OTAN et les USA jouent à se faire peur avec les russes jusqu'à l'irréparable.

C'est horrible. c'est carrément horrible et cela se fait dans l'ignorance du bon peuple qui pourrait se trouver un jour prochain face aux réalités infernales de la guerre nucléaire.

Pour se renseigner sur ce que signifie une guerre nucléaire, je vous recommande le film de Watkins, "La bombe". Sachez que les bombes dont il parle en 64 sont petites par rapport à maintenant. Ce serait donc pire, c'est à dire comme dans nos plus infernales cauchemars d'enfer.

On croyait que ce genre de menace appartenait au passé. En fait, le risque est plus grand aujourd'hui du fait de la nouvelle doctrine américaine et de la dissémination nucléaire dans le monde.

Faites diffuser l'information. Le risque de guerre existe réellement entre l'Europe allié aux USA avec la Russie ainsi qu'au Moyen-Orient et en Amérique Latine.

La concomitance des menaces pose question. Est-ce que les stratèges américains préparent ce qu'on pourrait appeler une sorte de "Full War" ou autre appellation "Total War" en se disant qu'il vaut mieux tout faire en même temps car le chaos total profitera à celui qui l'a déclenché. En effet, une guerre entre Israël et la Syrie, le Liban et l'Iran entrainerait de facto l'ensemble du Moyen-Orient dans une guerre régionale s'étendant rapidement au monde par l'implication de la Russie, puis de l'OTAN en Afghanistan, au Pakistan et finalement dégénerait en guerre mondiale. Aussi, il est possible que les stratéges aient décidé de provoquer des guerres simultanées en plusieurs endroits du globe car ils auraient ainsi la primeur de l'initiative à chaque fois. Ils pourraient utiliser leur doctrine préemptive de manière totale en prétextant le risque d'embrasement et même en le justifiant en disant que c'est pour pacifier le monde et éviter des bains de sang et surtout éviter que les armes des destruction massive soit utilisé contre les peuples occidentaux par ces barbares.

Il faut bien regarder ce qu'il va se passer au Kosovo dans les jours à venir. Cela pourrait évoluer très rapidement.

Cordialement,

Manu Broto.






]]>
Fri, 22 Feb 2008 13:34:00 +0100 http://www.terredebrut.org/article-16930128.html
<![CDATA[Relation entre stocks OCDE, production et consommation mondiale et production OPEP et prix du baril (troisième partie)]]> http://www.terredebrut.org/article-14104008.html
Dans cette partie, nous allons approfondir les relations entre les stocks et la production de l'OPEP puis nous introduirons la dernière variable : les prix.

Stocks commerciaux de l'OCDE et production de l'OPEP

Dans le graphique ci-dessous, je reviens sur les stocks et la production de l'OPEP analysé en détail dans la seconde partie. on peut voir que la réaction de l'OPEP aux trois baisses de stocks (1996, 2000 et 2003) est de plus en plus importante et rapide. On peut voir aussi que les variations de production de l'OPEP sont considérables entre 1996 et 2005. La production de l'OPEP varie entre 25 et 32 mb/j. C'est bien cette capacité de variation qui a permis à l'OPEP de remplir pleinement son rôle stabilisateur du marché pétrolier jusqu'en 2004. Nous allons voir que cette capacité a été perdue depuis 2004.





Phasage de l'OPEP avec la balance du marché pétrolier

Le graphique suivant est pour moi le graphique le plus important de toute l'étude. C'est bien celui qui m'a le plus surpris. Car je ne m'attendais pas à ce qu'il montre aussi clairement la relation évidente entre la production de l'OPEP et les stocks commerciaux de l'OCDE mais aussi avec la balance pétrolière mondiale, la différence entre la production mondiale et la consommation mondiale et même avec les variations de stocks hors stocks commerciaux de l'OCDE.

Explication du graphique

Expliquons ce graphique qui peut paraître complexe au premier abord. La période étudiée va de janvier 1994 à décembre 2008. Il y a quatre courbes dans ce graphique.

La courbe en jaune correspond à la différence entre la production mondiale et la consommation mondiale. La courbe a été simplifiée en effectuant la moyenne sur quatre semaines. L'échelle à gauche montre que cette différence varie entre -2,5 mb/j et +3,5 mb/j.

La courbe en bleu clair est la courbe qui montre la variation des stocks commerciaux de l'OCDE d'un mois à l'autre ramené sur une base journalière et, comme la courbe précédente, moyenné sur quatres semaines pour supprimer le bruit. Cette courbe s'appuie aussi sur l'échelle de gauche. Ses variations sont moins importantes que la précédente : elle varie entre -2 mb/j et +1,5 mb/j.

La courbe en bleu foncé est la courbe qui montre la différence entre la courbe en jaune et la courbe en bleu clair. Elle correspond donc aux variations entre la production et la consommation mondiale en enlevant la variations des stocks commerciaux de l'OCDE. Ces variations peuvent être assumés par les stocks stratégiques de l'OCDE, par les stocks en transit sur les bateaux pétroliers, dans les ports, dans les stocks des pays producteurs et des pays hors OCDE. Cette courbe est intéressante à mettre en relation avec la courbe de variations de stocks commerciaux de l'OCDE. Elle s'appuie aussi sur l'échelle de gauche. On peut remarquer qu'elle évolue entre -1 mb/j et 2,5 mb/j.

La dernière courbe est la courbe de production de l'OPEP. Son échelle est celle de droite. Les deux échelles sont équivalentes : elles ont  les mêmes écarts de 1 mb/j.

Analyse

La première remarque qui saute aux yeux en regardant cette courbe est le fait que les quatre courbes sont pratiquement en phase entre 1997 et 2004. Evidemment, il existe des variations entre les deux courbes bleues sur lesquelles nous allons revenir mais les tendances d'ensemble restent très proches.
le graphique montre tout simplement que l'OPEP maîtrise les variations entre production et consommation mondiale, ainsi que les variations de stocks dans le monde entier entre 1997 et 2004. Les stocks sont en phase avec l'OPEP. 

Entre 1994 et 1997, il semble que l'OPEP ne s'inquiéte pas trop des variations de stocks mais suite à une trop grande variation pendant l'hiver 1996, l'OPEP décide de remonter son niveau de production. Suite à cette décision, ces derniers ne cesseront pas de baisser, remonter leur niveau de production pour ajuster la balance mondiale avec des infortunes et des réussites. Est-ce que ceci signifie que cette période est le début d'une période d'instabilité au cours de laquelle l'OPEP conserve la maîtrise d'ensemble du système. Si l'on regarde les efforts croissants de l'OPEP pour rétablir l'équilibre du marché entre 1996 et 2003, il semble que la réponse est positive.

Après 2004, la production de l'OPEP se déconnecte partiellement de la balance du marché pétrolier. Les variations de production de l'OPEP se répercutent sur les trois autres courbes mais celles ci prennent une tendance inverse de l'OPEP. Tandis que l'OPEP continue à produire plus, la balance tend vers progressivement vers les négatifs.

En fait, ceci signifie que le point nul de la production de l'OPEP, c'est à dire le niveau de production de l'OPEP qui permet un état stable de la balance pétrolière mondiale est passé de d'environ 28 mb/j entre 1997-2004 à plus 29 mb/j en 2005, puis à 30 mb/j en 2006, puis à 31 mb/j en 2007. La courbe de 2008 n'est pour l'instant pas pertinente mais elle est déjà annoncé à presque 32 mb/j.

Revenons sur le "Call on OPEP" publié par l'AIE dans le tableau N°1 de ses rapports mensuels. Le "Call on OPEP" représente la différence entre la consommation mondiale et  la production non-OPEP + la production NGL et non-conventionnel de l'OPEP. Celui-ci représente donc la quantité de pétrole brut que l'OPEP doit produire pour satisfaire la demande.
Le chiffre "Total Stock Change & Miscellaneous" correspond à la différence entre le "Call on OPEP+stock change" et la production réelle de l'OPEP ou à la différence entre la production mondiale et la consommation mondiale.

Nous allons donc regarder le "Call on OPEP" sans le "stock change", c'est à dire le "Call on OPEP" pour que "Total Stocks change & Miscellaneous" soit à  zéro. Dans le graphique ci-dessus, ce "Call on OPEP" correspond à mettre la courbe jaune à zéro.

Voyons donc les chiffres annuels des "Call on OPEP" (l'Angola est incluse dans tout ces chiffres pour être comparé avec le graphique ci-dessus qui l'inclut dans la courbe de production de l'OPEP :
1994: 25,4 mb/j
1995: 25,9 mb/j
1996: 26,6 mb/j
1997: 27,9 mb/j
1998: 28,6 mb/j
1999: 27,5 mb/j
2000: 28,7 mb/j
2001: 27,9 mb/j
2002: 26,1 mb/j
2003: 28,0 mb/j
2004: 29,9 mb/j
2005: 31,0 mb/j
2006: 31,1 mb/j
2007: 31,1 mb/j (adjusted call on OPEP : moyenne miscellaneous sur huit derniers trimestres)
2008: 31,8 mb/j (adjusted call on OPEP : moyenne miscellaneous sur huit derniers trimestres)

Les chiffres du "Call on OPEP" confirme donc bien le graphique. le "Call on OPEP" est montée de 25,4 mb/j en 1994 à 27,9 mb/j en 1997 puis a oscillé entre 27,5 mb/j et 28,7 mb/j entre 1997 et 2003 à l'exception de 2002, année de la récession américaine. Le "Call on OPEP" monte en 2004 de 2 mb/j et passe à 29,9 mb/j puis à 31 mb/j en 2005 et 2006 et 2007 et semble repartir à la hausse en 2008 jusqu'à 31,8 mb/j. Celui-ci a donc bien augmenté de 3 mb/j entre 2003 et 2005.

Cela s'explique par le ralentissement de la croissance de la production non-OPEP qui stagne depuis 2005.

De plus, alors que l'OPEP produisait plus de 31,8 mb/j en septembre 2005 et se trouvait donc au dessus du "Call on OPEP", provoquant une inflation de stocks bien visible sur le graphique, sa production a commencé à décliner alors que le "Call on OPEP" restait perché aux alentours de 31,1 mb/j. Cela réduisit l'écart positif entre la production mondiale et la consommation mondiale dès le début de l'année 2006 et celui passa en négatif. 

Ce qui est tout à fait notable entre les années 2004-2005 et les années 2006-2007 est l'inversion dans la répartition de la balance pétrolière mondiale entre les stocks commerciaux de l'OCDE et le reste du monde (les deux courbes bleus). On peut voir que durant les "vaches grasses", la courbe bleu foncé profite majoritairement de l'écart positif entre production et consommation mondiale. C'est ce qu'il se passe durant les années 2004-2005. Mais la situation s'inverse de plus en plus en 2006-2007. On voit que la courbe bleu foncé reste négative en 2006 alors que les stocks commerciaux de l'OCDE profitent à 100% de l'écart entre production et consommation mondiale (courbe jaune). Les surplus sont en gros prioritairement attribué à l'OCDE. La situation s'aggrave franchement en 2007 puisqu'alors que la balance est négative tout au long de l'année, la courbe des stocks hors stocks commerciaux de l'OCDE (courbe bleu foncé) ne cesse de décliner vers les -1mb/j alors la courbe des stocks commerciaux de l'OCDE remonte à +0,5 mb/j. Cela signifie que les stocks de l'OCDE se gonflent alors que les stocks ailleurs dans le monde se vident.

En 2003, juste après le fort déclin des stocks pendant l'hiver, on peut voir clairement que la balance est attribué prioritairement à l'OCDE aux dépend du reste du monde. Celui-ci récupère pendant l'hiver suivant . Il y a donc bien des attributions et de priorités. On peut voir que la courbe bleu foncé n'est descendue que deux fois en dessous de -1 mb/j : en avril 2002 à -1,26 mb/j et en mars 2003 à -1,07 mb/j. Aussi, il est probable que ce soit une limite difficilement dépassable pour le reste du monde.

Il est à noter que la balance pétrolière hors stocks commerciaux de l'OCDE est resté négative pratiquement tout le temps en 2002-2003 et qu'elle est repassé négative en février 2006. Depuis, elle n'a été positive que trois mois en 2006. En 2007, elle est passé de -0,08 mb/j en décembre 2006 à -0,85 mb/j en août 2007. C'est donc une situation assez exceptionnel depuis ces 15 dernières années.  Le monde hors ODCE  actuellement se serre-t-il donc la ceinture depuis début 2006? Il semble que ce soit le cas. L'OCDE a juste gagné du temps. Si la limite de la balance hors stocks commerciaux OCDE est vraiment aux environs de 1 mb/j, cela signifie qu'il n'y a plus rien à attendre du monde en dehors de l'OCDE pour équilibrer la balance. Il ne reste maintenant plus que les stocks commerciaux de l'OCDE pour rétablir la balance. La balance risque donc de se reporter intégralement sur les stocks commerciaux de l'OCDE cet hiver alors que la balance du reste du monde risque de stagner tandis que la balance générale va s'enfoncer dans les négatifs vers les -2 mb/j. 

La capacité d'action de l'OPEP

L'OPEP  peut maîtriser la balance  générale  du marché pétrolier par une grande capacité de variation de sa production. Elle peut ainsi fermer brutalement plusieurs millions de barils de brut pas jour pour faire remonter les prix et dégonfler les stocks et inversement, ils doivent être capable d'augmenter sensiblement leur production pour faire remonter les stocks et descendre les prix. Par conséquent, on peut s'attendre à vérifier cette maîtrise du marché quand on regarde leur variation mensuelle de production.

La capacité supplémentaire de production de l'OPEP doit pouvoir être utilisé en moins de 30 jours et pouvoir rester en activité plus de 90 jours. C'est la définition de la capacité supplémentaire que donne l'OPEP elle-même.

j'ai donc compilé les données de variations de production de l'OPEP d'un mois sur l'autre. Et j'ai obtenu le graphique ci-dessous.



On retrouve la période entre 1997 et 2003 où l'OPEP semble en effet capable de grande variations de production. L'amplitude des variations augmente jusqu'en hiver 2003.
Par la suite, il est tout à fait clair que les variations diminuent rapidement dès l'été 2003. En 2004, la capacité d'action n'est déjà plus que de + ou - 0,5 mb/j sauf en juillet 2004.
Ensuite, en 2007, on peut voir clairement que la capacité de variations positives semblent diminuer assez vite.

Cette courbe semble montrer de manière évidente que l'OPEP n'est plus en mesure de répondre à des variations de production au delà de 0,5 mb/j en un mois depuis 2004 mais que sa capacité s'est peut-être réduite à la nullité au cours de 2007 mise à part le bond en avant de ces deux derniers mois...

Aussi, cette courbe confirme la courbe précédente : l'OPEP maîtrisait la balance générale et les stocks mondiaux OCDE et non-OCDE jusqu'en 2003. C'est au cours de l'année 2004 qu'elle a progressivement perdu sa capacité d'action alors que le "Call on OPEP prenait 3 mb/j en deux ans.

Le problème est maintenant que cette capacité quasi-nulle de l'OPEP depuis 2004 s'est accompagné d'un approvisionnement minimum du monde en dehors de l'OCDE depuis 2006 et de la baisse des stocks commerciaux non-nécessaire de l'OCDE depuis fin 2006.

Par conséquent, tous les indicateurs du marché seront dans le rouge au printemps 2008 :
- les stocks hors OCDE
- les stocks commerciaux de l'OCDE
- la capacité de production de l'OPEP

Je pose donc la question suivante : comment va-t-on faire pour assumer ne serait-ce que les variations saisonnières de consommation si il n'y a plus aucune élasticité dans le système? La dernière élasticité est représentée par les stocks stratégiques de l'OCDE. Serait-ce vraiment la dernière solution? Pourquoi est-ce que personne ne donne le signal d'alarme ?



Relation avec les prix

J'introduis une nouvelle variable : les prix. Quelle relation ont les prix avec les stocks?
Quand on regarde le graphique ci-dessous, on peut voir différentes phases. La première court de 1994 à 1996. Il semble que durant cette première période, les prix sont insensibles aux variations pourtant importantes des stocks. Ainsi, alors que les stocks descendent à moins de 2400 mb pendant l'hiver 1996, le baril ne prend que 4$ en passant de 18,85$ en janvier 1996 à 23,5$ en avril 1996. J'en conclus que la sensibilité des prix aux variations de stocks est quasiment nulle jusqu'au début de l'année 1996.

Ensuite, cette sensibilité ne va pas cesser de s'accroitre progressivement mais sûrement.

Pendant la période entre 1997 et 2003, les prix auront tendance à varier en sens inverse des stocks, ce qui très logique. Quand les stocks se gonfleront, les prix descendront comme en 1997 et 1998. Les prix descendent à 10$ en 1998 alors que les stocks approchent des 2800 mb. On peut constater que pendant l'hiver 1999, les prix vont remonter assez vite alors que les stocks sont en chute libre vers la fin 1999. Ils passent de 12,5$ en janvier 1999 à 34,34$ en novembre 2000. Les prix sont multipliés par trois en deux ans. La sensibilité a donc considérablement augmenté.

C'est en 2004 que la relation entre les prix et les stocks changent. Alors que les stocks se regonflent en 2003, les prix restent à 30$ puis commencent à monter juste avant l'hiver 2004. Mais alors que l'on pourrait s'attendre à ce qu'ils redescendent après l'hiver et le renflouement des stocks, ceux ci continuent à monter et même avec une pente plus forte. Jusqu'au début de l'année 2006, les stocks et les prix augmenteront de pair. Puis curieusement, ils baissent en même temps fin 2006 et se mettent à remonter au cours du printemps 2007 en même temps. C'est en juillet 2007 que ce comportement parallèle semble s'arrêter. La sensibilité des prix aux stocks semble avoir décuplé.

Que s'est-il passé en 2004-2007? Mon interprétation est que l'OPEP a augmenté sa production pour faire baisser les prix dans un premier temps mais cela n'a fait que gonfler les stocks. La période de fin 2006 est plus complexe. Il semble qu'il y ait eu des manipulations de la part de certains opérateurs majeurs sur le marché pétrolier comme Goldman Sachs qui a changé ses modes de calculs pour faire baisser les prix. Mais l'OPEP a baissé sa production et les stocks ont chuté.

Depuis l'été 2007, nous sommes entrés dans une phase où l'ensemble du marché est en train de perdre la maîtrise des prix, des stocks et de la balance. Le système pourrait bien être totalement hors de contrôle.


Enfin, le graphique suivant montre les relation entre les prix et la production de l'OPEP.
Là encore, on peut voir que l'OPEP avait la possibilité d'agir sur les prix entre 1997 et 2003. Une augmentation de production de l'OPEP entraîne, parfois avec un délai, une baisse des prix bien que cette capacité diminue entre 1997 et 2003. Mais à partir de fin 2003, l'OPEP ne cesse d'augmenter sa production alors qu les prix ne cessent aussi de monter. On peut voir que l'augmentation de production en juillet 2006 se déroule au même moment que la montée soudaine des prix suite à la guerre entre Israel et le Liban. 

Cependant, depuis janvier 2007, il semble que l'OPEP ne puisse réagir à la montée vertigineuse des prix. Après une stagnation début 2007, sa production est légérement remontée vers 31 mb/j.  






Conclusion

Cette étude montre bien que des relations assez fortes existent entre les stocks, la production de l'OPEP, les prix du baril et la balance entre production et consommation.

On peut voir quatre phases : avant 1997, entre 1997 et 2003, entre 2004 et 2007, après 2007. 

La phase dans laquelle nous venons d'entrer signifie que l'on a perdu tout contrôle sur les stocks, les prix, la balance et perdu la capacité supplémentaire de l'OPEP.

Les signes n'ont pas cessé de s'allumer les uns après les autres depuis 1997 mais rien n'a été fait. L'année 1997 est d'ailleurs l'année du pic de production de l'OCDE. Suite au pic de production de la Grande-Bretagne en 1999, il eu été logique que les personnalités responsables des grandes agences telles l'AIE, l'USEIA, l'OPEP, de l'Union Européenne, de la Banque Mondiale, de l'OMC et du FMI puis des Nations Unis "tirent la sonnette d'alarme" et commencent à préparer les populations mondiales à ce qui allaient arriver de manière évidente. Ils auraient dû commencer à limiter la consommation mondiale et financer de manière massive le développement des énergies renouvelables, développer les transports en commun, notamment le train en le rendant gratuit par son financement par des taxes sur les véhicules, des processus de relocalisation économique et des mécanismes de répartition de la pénurie, tels les TEQs ou le protocole de déplétion de Colin Campbell et Richard Heinberg,  pour protéger les plus pauvres de l'indigence la plus extrême.

Mais au lieu de cela, ils ont lancé le processus de Doha, ils ont ouvert l'OMC à la Chine et milité pour une croissance économique maximum. Ils n'ont cessé de libéraliser toujours plus pour faire plus d'argent, pour plus détruire, pour plus polluer, pour plus appauvrir, pour produire plus d'armes, pour nous conduire plus vite dans un mur inévitable. Puis les néo-conservateurs ont préparé le 11 septembre pour envahir des pays stratégiques et organiser la polarisation chère à Mr Huntington, le choc des Civilisations.

Les responsables politiques et les responsables de l'AIE, de l'OPEP sont coupables de n'avoir rien fait, et même d'avoir provoqué l'aggravation d'une situation qui pourrait devenir extrêmement grave.

Maintenant, elle EST très grave et totalement hors de contrôle.

Il va donc devoir être nécessaire de prendre des mesures dans l'urgence extrême quand
l'OCDE se trouvera à la limite de la pénurie réelle et que le reste du monde se trouvera dans une situation de plus en plus alarmante. Mais il n'est même pas sur que ces mesures fonctionnent du fait de leur impréparation. Les gouvernements auront beaucoup de mal à expliquer à la population pourquoi on en est arrivé là. Nous sommes donc gouvernés par des irresponsables, des personnages totalement inféodés à des intérêts qui ne pensaient qu'à "se gaver" et qui ne voulaient rien entendre au delà de 5 ans parceque les actionnaires réclamaient 15%/an.

Mais la gouvernance du monde qui implique des milliards d'être humains ainsi que l'ensemble des être vivants sur cette planète ne peut se concevoir de cette manière sans être complétement irresponsables. Ces gens là se prennent pour les maîtres du monde mais ce sont juste des imbéciles qui ont accédé à des responsabilités qu'ils ne sont pas capables d'assumer.


Emmanuel Broto.

PS : coupure des émissions de terredebrut pendant trois semaines..


]]>
Mon, 26 Nov 2007 13:36:00 +0100 http://www.terredebrut.org/article-14104008.html
<![CDATA[Tupi, le petit nouveau en ville]]> http://www.terredebrut.org/article-14102499.html Le matin du 12 novembre, un ami m’a appelé pour me dire que le plus gros gisement de pétrole mondial venait d’être découvert au large du Brésil.

Je lui ai donc expliqué à quoi devrait ressembler le plus gros gisement du monde, et combien cette information était improbable.


Effectivement, depuis la veille au soir, les médias glosaient autour « du plus grand gisement découvert depuis 20 ans ». Une fois de plus, nos problèmes d’énergie étaient résolus, au revoir le pétrole à 90$, etc ..
Déjà vu ?  N’est ce pas arrivé déjà l’année dernière avec le gisement Jack dans le golfe du Mexique ?

Jack relevait du battage médiatique qui attribuait faussement à un seul gisement la capacité d’une couche géologique entière du Tertiaire. L’agitation a enflé puis décru, les prix du pétrole ont baissé puis monté pour s’établir un an après à 20$ de plus qu’à leur niveau d’avant l’annonce de Jack. Jusqu’à maintenant, on ne sait pas si la production de ce gisement va démarrer.

La semaine dernière, on a eu Tupi, un gisement découvert par Petrobras, dans le Campos Basin au large du Brésil. Avec des réserves estimées de 5 à 8 Gb de pétrole de densité intermédiaire (28° API) et de gaz, il a relevé les réserves du pays de 50%. Une découverte remarquable (pour les standards actuels) annoncée à nouveau dans une période de prix élevés.

Il a fallu plusieurs jours pour que l’agitation retombe, et qu’émerge une image claire des articles nombreux et quelquefois contradictoires qui circulaient dans la presse. Il y a là quelque chose de révélateur du manque de préparation de certains journalistes à se colleter avec ce genre d’information.

Des faits

Premièrement, est-ce que les 5 à 8 Gb font référence au stock de pétrole en place, ou aux réserves récupérables ? Les premiers articles donnaient une capacité de production du champ de 100 Kb/j, ce nombre indique que les 8 Gb étaient plutôt une estimation du pétrole en place. Plus tard dans la semaine, la production ultime était donnée à 4 Mb/j, puis redescendue à 400 Kb/j, ce qui confirmait que les chiffres donnés concernaient en fait les réserves récupérables.
Il est établi que des officiels de Petronas ont utilisé ces termes.

Est-ce que Tupi est un champ unique ? L’information disponible à ce jour et les citations des géologistes de Pétrobras vont dans ce sens. Tupi est soit un champs unique, soit un ensemble de champs très rapprochés dans une zone de 800 kms de long sur 200 kms de large dans une zone sel puis roches sous 2 à 3000 mètres d’eau.

Quel est le ratio pétrole/gaz ?  C’est une question importante ; étant donné la profondeur du champs, les températures pourraient être assez hautes pour former du gaz, et la plupart des articles des média parlent de « réserves de pétrole et de gaz ». il est probable qu’à ce stade, l’opérateur lui-même ne connait pas exactement ce ratio,  d’où le grand intervalle donné pour les réserves.

Pour ce qui concerne la planification de l’exploitation, les médias citent différentes dates pour les premières extractions, mais rien avant 2011. Il y a un délai d’au minimum deux ans pour acquérir les matériel de plateforme dans un marché équipementier tendu, et au moins encore deux ans pour obtenir une exploitation commerciale. Un calendrier possible serait :

Premier forage :            2009
Première production à 100 Kb/j    2011-2013
Plateau de production à 400 Kb/j    2015


A un moment, certains articles évoquaient une production cible de 4 Mb/j, confondant probablement les objectifs de production de la compagnie dans son entier avec ceux du seul gisement Tupi.  Des articles plus récents donnent 4.5 Mb/j comme objectif de production de la compagnie, et de 400 Kb/j pour Tupi en 2015. Khebab a fait les calculs suivants suivant la technique "pickering":

Région                                  Paramètres                Production max (Kb/j)

World (Small Fringe)          0.0435/0.0418            260 - 390
Cantarell (Mexique)            2.1/11                          1000 – 1500
Statfjord (Norvège)             0.637/5.53                   580 – 920
Ekofisk (Norvège)               0.299/5.10                   290 – 470

Ces chiffres mettent en perspective ce que représente réellement Tupi au global ; à son pic de production, le gisement représentera moins de 0.5 % de la production mondiale.  Même si la limite haute de 8 Gb devait être confirmée, les réserves de ce champs représenteraient 14 semaines de consommation mondiale.

Le challenge technologique

Néanmoins, à ce stade, Tupi semble être réel, et pas seulement du vent médiatique.
Un aperçu a été publié dans le journal « O Estado de Sao Paulo » ce week end, dans lequel ont été interrogés plusieurs experts. Tupi est un vrai challenge technologique, ce gisement repose dans un environnement géologique jamais encore appréhendé au Brésil.

La couche pré-sel se trouve sous des profondeurs d’eau entre 2 et 3000 mètres, puis on observe une couche de 2000 mètres de roches. La couche de sel proprement dite est épaisse de 2000 mètres, au-delà desquels se trouve le réservoir.

A l’heure actuelle, Petrobras explore déjà des champs à plus de 5000 mètres de profondeur ; la profondeur de Tupi n’effraie pas en elle-même le leader mondial de l’exploration offshore. Le problème, c’est l’épaisseur de la couche de sel au travers duquel on doit forer.

Nelson Ebecken de la « Coordination of Post Doctoral Engineering Programmes” (COPPE) de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ) nous dit : « Nous devons développer cette technologie … Si cette couche était à terre, ce serait déjà difficile. Imaginez alors à 3 ou 4000 mètres de fond … Forer à travers des couches de sel a déjà été réalisé ailleurs, mais pas à cette profondeur, pas de cette épaisseur … »

A de telles profondeurs, sous une pression immense et réchauffé par la chaleur interne à la planète, le sel se comporte plus comme un fluide que comme un solide. C’est comme si on forait dans de la gelée, un trou se forme puis se referme immédiatement. Une maintenance correcte dans ces conditions peut être problématique. Edison Prates de Lima, membre également de l’UFRJ :

« La couche rocheuse est dure, mais stable. La couche de sel n’est pas aussi dure, mais instable.»

C’est une tâche difficile, mais à portée de l’ingienérie brésilienne. Giuseppe Bacoccolli du laboratoire des méthodes informatiques pour l’engeeniring du COPPE le dit en ces termes :

«Je n’y vois pas une rupture de paradigme, mais une autre évolution.»

Mais il y a un problème : le coup, qui croît de manière exponentielle avec la profondeur. Bacoccolli à nouveau :

« Nous pouvons atteindre la conclusion que nous pouvons, mais que nous ne devrions pas. Vaincre la couche de sel implique des surcoûts considérables … »

Le COPPE possède à l’heure actuelle trois caissons hyperbares qui permettent de simuler des conditions opératoires à des profondeurs de 6000 mètres, dans lesquels est testé le matériel de forage. On est en train de construire un quatrième caisson qui permettra de simuler des conditions opératoires jusqu’à 7000 mètres, lequel caisson sera fonctionnel au début de 2009.
Les opérations de forage aux profondeurs indiquées doivent être réalisées par des robots contrôlés à distance. « c’est comme piloter une Formule 1 depuis le paddock » dit Segen Estefan, lui aussi du COPPE.

D’autres problèmes ont trait au choc thermique que le pétrole endure quand il sort de la couche rocheuse. Dans le réservoir, les températures pourraient approcher les 100°C, et à la limite océanique, le brut rencontrera des températures aussi basses que 4°C. le brut peut alors créer des nodules de haute densité, capable de bloquer le flot en surface. Ce problème peut être amélioré en chauffant l’oléoduc. Le poids de l’oléoduc peut lui même constituer un soucis, ce qui amène les experts du COPPE à envisager l’emploi de titane.

Dans ce cas revient la question du prix, comme l’indique Segen Estefan :

« Nous opérons aux limites de la technologie. Le problème c’est le coût, savoir s’il sera excessif ou pas.»

Le premier puits foré dans le champ de Tupi a coûté 240 millions de dollars, les suivants ont diminué  à 60 millions. On a creusé un total de 15 puits au travers de la couche de sel, dont 8 ont atteint le réservoir d’hydrocarbures. Giuseppe Bococcolli s’attend à ce que le coût tombe même jusqu’à 30 millions de dollars par puits, lors de l’exploitation commerciale. Ceci suppose un prix de base de 30 dollars au moins le baril produit, c'est-à-dire, 4 fois le prix du baril extrait aujourd’hui par Pétrobras en offshore, et sans compter les coûts d’équipement. Bacoccolli pense que l’exploitation nécessitera entre 6 et 12 plateformes FPSO, chacune raccordées à 10 à 15 puits.

Toujours selon Giuseppe Bococcolli, d’autres réserves recouvrables peuvent être confirmées, suivant ce qu’on trouvera dans les zones non encore sondées de Tupi.

Conclusion

Tout bien considéré, le cas de Tupi semble être sensiblement différent de celui de Jack l’année dernière. Quand on scrute l’information qui a circulé dans les média, on est mené à le considérer comme un champ exploitable par la technologie poussée à ses limites actuelles. Quand on en juge par l’emballement des brésiliens, c’est plutôt le prix de revient que le savoir faire technologique qui sera le facteur limitant.

Pour poser la question finale, est ce que Petrobras avait besoin de ce tapage médiatique ? En réalité, il semble que non. Petrobras est la compagnie privée la plus rentable d’Amérique du Sud, tous secteurs confondus, affichant un bénéfice de 9 milliards de dollars pour les neuf premiers mois de cette année.

Si l’on considère qu’il reste à trouver des réserves mondiales d’au moins 200 Gb, cela implique qu’il faut découvrir des régions pétrolières de la taille de la Mer du Nord.
Le Campos Basin off Brasil, où Tupi a été trouvé, pourrait être l’une d’entre elles.

Le communiqué de presse peut être lu here. Information complémentaire dans la presse brésilienne (en portugais): O Estado de São Paulo Cosmo On Line A Tarde
The oil drum : Europe, un post de Luis de Souza le 22 novembre 2007
Traduit par Vincent Schwander pour terredebrut.org

]]>
Mon, 26 Nov 2007 12:35:00 +0100 http://www.terredebrut.org/article-14102499.html
<![CDATA[Petite étude mathématique sur les prix actuels du pétrole]]> http://www.terredebrut.org/article-14036437.html Intéressé par l'évolution des cours du pétrole, j'ai voulu analyser mathématiquement cette évolution.Cette analyse n'a probablement pas de pertinence économique et n'est que théorique.Avant de voir les résultats, nous allons d'abord voir les principes mathématiques.Nous appliquerons ensuite l'analyse à un échantillon de données entre le 19 janvier et le 12 novembre 2007.Pour terminer, nous déduirons des prévisions pour les mois qui viennent.Lorsque les véritables chiffres seront connus, nous pourrons alors déduire la pertinence de cette analyse.
Principes mathématiques (méthode des moindres carrés)


En observant les prix du baril sur la période étudiée, nous pouvons considérer que les prix suivent une progression. Certains considérerons cette progression comme sensiblement linéaire. Dans un tel cas, nous pouvons chercher la droite qui représente le mieux cette progression. Cependant, une observation plus attentive montre une progression plus forte ces derniers temps. Aussi, pouvons nous chercher une autre courbe que la droite et prendre une parabole. Quelque soit la courbe choisie (nous en prendrons 3 dans notre analyse), nous cherchons la courbe qui soit le plus proche (autrement dit la plus probable) du jeu de données.

Prenons le cas d'un ajustement linéaire. La courbe théorique est donc une équation du type y=ax+b où : y est le prix du baril, x est la date, a et b des coefficients à déterminer de manière à coller au mieux. Pour déterminer les coefficients a et b, nous mettons en évidence un prix réel et un prix calculé à partir de l'équation. La différence entre le prix réel et le prix calculé est appelé résidu. Pour chaque prix x, ce résidu est égal à y-ax-b. La méthode consiste à minimiser la somme des carrés des résidus (d'où le nom de la méthode : moindres carrés). La solution au problème est la plus probable et permet la détermination des paramètres de la droite cherchée.
Un ajustement à une autre courbe comme une parabole repose sur le même principe. la différence est la courbe qui a pour équation y=ax²+bx+c. Nous cherchons alors les paramètres de la parabole soit les coefficients a, b et c. Nous ajouterons également une troisième courbe à notre analyse : une parabole cubique d'équation y=a³+bx²+cx+d. Enfin, nous pouvons estimer quelle courbe est la plus pertinente par rapport au jeu de données. Nous disposons pour cela d'un indicateur statistique : l'écart-type. Cet indicateur est toujours positif et plus sa valeur est petite, plus les valeurs absolus des résidus sont également petits.


Limite


Il reste que la pertinence des 3 courbes choisies ne l'est pas lorsque nous extrapolerons les résultats. Elle n'est limitée qu'à la période du jeu de données, laquelle période est de surcroit très courte. De plus, la meilleure courbe serait celle d'une loi régissant le prix à la date. Je lance un appel aux lecteurs qui connaîtraient une telle loi de me la faire connaître.


Ajustement linéaire



L'ajustement linéaire donne a=0,11 b=53,24.
L'écart-type de cet ajustement est de 3,69$
L'écart minimum est de -11,52$ (7 novembre)
L'écart maximum est de 8,20$ (23 août)


Ajustement parabolique



L'ajustement parabolique donne a=0,0003 b=0,0174 c=57.86.
L'écart-type de cet ajustement est de 2,96$
L'écart minimum est de -8,33$ (13 avril)
L'écart maximum est de 7,29$ (19 janvier)

Cet ajustement parabolique est meilleur que l'ajustement linéaire. Il colle mieux aux données ce qui est corroboré par un écart-type et des valeurs extrêmes plus faibles.



Ajustement cubique




L'ajustement cubique donne a=0,000003 b=-0,0011 c=0.185 d=53,87 L'écart-type de cet ajustement est de 2,44$ L'écart minimum est de -6,45$ (13 avril)
L'écart maximum est de 5,85$ (9 octobre)


Ce troisième ajustement est meilleur que les précédents. Il colle mieux aux données ce qui est corroboré par un écart-type et des valeurs extrêmes toujours plus faibles.


Ajustements



Voici les graphes comparés des 3 courbes. Nous pouvons constater visuellement les résultats obtenus par calcul.


Extrapolations


Nous allons maintenant extrapoler les résultats. Attention toutefois à ne pas déduire de jugements hâtifs. Comme cela fut dit plus haut, les 3 courbes ne correspondent probablement à aucune réalité économique. De surcroît, l'extrapolation est réalisée à partir d'une courte période ce qui n'est pas bon. C'est aussi la raison qui nous conduira à ne pas dépasser le 15 mai 2008 (ce qui est déjà bien audacieux).



Date                 Linéaire      Parabolique        Cubique

01/12/2007     89,29$         95,69$                  103,49$
15/12/2007     90,89$         98,86$                  110,21$
01/01/2008     92,83$       102,88$                  119,48$
15/01/2008     94,43$       106,33$                  128,09$
01/02/2008     96,37$       110,70$                  139,81$
15/02/2008     97,97$       114,43$                  150,57$
01/03/2008     99,68$       118,57$                  163,27$
15/03/2008   101,27$       122,57$                  176,27$
01/04/2008   103,21$       127,59$                  193,64$
15/04/2008   104,81$       131,46$                  209,29$
01/05/2008   106,64$       136,16$                  228,76$
15/05/2008   108,23$       141,99$                  247,24$





Une intuition personnelle me pousse à penser que l'ajustement parabolique se révèlera plus proche de la réalité. L'ajustement linéaire ne tient pas compte de l'emballement récent, l'ajustement cubique ayant tendance à s'emballer de manière excessive.

A suivre ...

Jean-Claude Caty

]]>
Fri, 23 Nov 2007 20:59:00 +0100 http://www.terredebrut.org/article-14036437.html
<![CDATA[Revue de presse 20 novembre 2007]]> http://www.terredebrut.org/article-13946373.html
Les déclaration de Sadad Al-Husseini, ex numéro 2 de Aramco

Premièrement, Il semble que l'ex-numéro 2 de l'Aramco, société pétrolière nationale de l'Arabie Saoudite, Sadad Al-Husseini, ait provoqué des "vagues" après sa présentation à Londres au cours de cette maintenant fameuse conférence le 30 octobre, "Oil and Money".

C'est David Strahan qui a relayé l'information le premier le jour même avec un entretien avec Mr Al-Husseini en prime.
voici les deux articles de David Strahan :
http://www.davidstrahan.com/blog/?p=67
http://www.davidstrahan.com/blog/?p=68

Ensuite, le 16 novembre, le Monde a rencontré Al Husseini et cet article vient de produire un petit électrochoc semble-t-il. Voici le lien :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-979167@51-963558,0.html


Voici quelques extraits de ses déclarations au Monde: 

"Des pays de l'OPEP tels que l'Arabie saoudite, le Nigeria et l'Angola ont annoncé qu'ils ajouteront 10 mb/j de capacités nouvelles de production d'ici à 2014. Toutefois, tous les pays de l'OPEP ne sont pas capables de fournir le même effort. L'Indonésie, l'Iran et le Venezuela, par exemple, vont voir leur capacité de production décliner. D'autres, comme le Koweït, l'Irak et les Emirats arabes unis ne pourront faire mieux que maintenir leur production, dans le meilleur des cas. Donc au total, l'OPEP [qui dispose officiellement de 75 % des réserves planétaires] ne peut pas dégager de capacités de production supplémentaires au cours de la prochaine décennie."
(...)
"La hausse des prix de l'énergie ne crée pas de nouvelles opportunités de production, parce que les nouvelles ressources en pétrole et en gaz naturel sont beaucoup plus difficiles à trouver et à développer."
(...)
Deuxième affirmation de M. Husseini : les réserves pétrolières sont "exagérées" de 300 milliards de barils. Coupables, selon lui, certaines "compagnies pétrolières, l'Agence internationale de l'énergie et l'administration américaine [qui] (...) ont cyniquement exagéré les capacités de production de l'OPEP. Il s'agissait d'exercer une pression politique sur les pays de l'OPEP, afin de permettre aux compagnies internationales de s'implanter sur leur territoire".
L'ancien vice-président de l'Aramco pointe également du doigt certains des pays partenaires de l'Arabie saoudite au sein de l'OPEP, "qui ont laissé circuler des estimations spéculatives [de leurs réserves] ne reposant sur aucune analyse technique, et dont les déclarations sur leurs réserves prouvées répondent à des décrets politiques"."Nous savons cela, poursuit-il, parce que [ces pays] n'avaient pas de programme d'exploration ou de développement en cours mais déclaraient pourtant des réserves supplémentaires année après année."
Peut-on revenir à des évaluations plus "réalistes", selon sa propre expression, de la quantité de pétrole qui reste encore exploitable ? "Peu de pays de l'OPEP sont prêts à le faire, en particulier si cela revient à réduire le montant de leurs réserves de pétrole, au lieu de les augmenter !"
(...)
En conséquence, Sadad Al-Husseini juge que le prix du pétrole ne peut que continuer à monter. "La situation est analogue à celle d'un réservoir d'eau que l'on pomperait plus vite qu'il ne se remplit", résume-t-il. "Bien sûr, la spéculation est à l'origine de certaines augmentations des prix du pétrole", concède le Dr Husseini. "Cependant, l'escalade logique des prix depuis 2002 indique aussi que les extractions de pétrole sont fondamentalement limitées", tranche le pétrogéologue.
(...)
Sadad Al-Husseini conclut : "Plus vite nous réaliserons que les extractions de pétrole ne peuvent augmenter indéfiniment, plus vite nous rechercherons des options énergétiques alternatives et soutenables, et nous éviterons ainsi des folies tragiques telles que l'occupation de l'Irak, et d'autres mésaventures similaires."

Vous pouvez télécharger sa présentation de Londres à l'adresse suivante :
http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20071116/979359_husseini_london_o_m_p
resentation_-_s_2.pdf

Article en première page du Wall Street Journal-19 novembre 2007

Le Wall Street Journal a sorti un article en première page hier, le lundi 19 novembre, qui reprend les dernières déclarations de Christophe de Margerie, PDG de Total, de James Mulva, PDG de Conoco-Phillips, de Fatih Birol de l'AIE, de Sadad Al Husseini de l'Aramco, de Matt Simmons mais aussi de ceux qui tentent de montrer que le pic pétrolier n'est pas une menace comme le CERA.

Voici l'adresse de l'article : http://online.wsj.com/article/SB119543677899797558.html?mod=hpp_us_whats_news
Voici comment débute l'article : "Un nombre grandissant de capitaine de l'industrie pétrolière endossent une idée longtemps considéré comme marginale : le monde s'approche d'une limite matérielle du nombre de barils de pétrole brut qui peuvent être pompés chaque jour. Certains prédisent que, en dépit de la soif de pétrole qui s'accroit rapidement, les producteurs pourraient atteindre ce plafond dès 2012. Cette limite approximative- dont deux responsables industriels ont récemment placé à 100 million de baril par jour -est largement en dessous des projections de demande mondiale pour les prochaines décades."
(Version originale : "A growing number of oil-industry chieftains are endorsing an idea long deemed fringe: The world is approaching a practical limit to the number of barrels of crude oil that can be pumped every day. Some predict that, despite the world's fast-growing thirst for oil, producers could hit that ceiling as soon as 2012. This rough limit -- which two senior industry officials recently pegged at about 100 million barrels a day -- is well short of global demand projections over the next few decades.")

En plus du PDG de Total et de Conoco-Phillips, l'article parle aussi d'une déclaration du responsable de la société pétrolière lybienne qui a confirma lors de cette conférence que le plafond de 100 million de barils serait difficile à dépasser.
Le Wall Street Journal reprend l'idée de Al-Husseini selon lequel la production mondiale va stagner sur un plateau jusqu'en 2020, idée de la courbe de production en tôle ondulée, dont Jean Laherrère peut être considéréé comme l'auteur.

Ils parlent de limitations de la production tels que :
1- Manque d'investissements du temps où le prix du pétrole était bas, conduisant à moins d'exploration et moins de production maintenant
2- Le nationalisme des ressources limitant aussi les investissements
3- les ressources non encore exploitées se trouvent au mauvais endroit (zone de conflit, climat inhospitalier, problèmes environnementaux)
4- les travailleurs talentueux sont en train de partir à la retraite et il n'y a pas assez de travailleurs entraînés pour les remplacer.

Ces limitations sont vraies pour partie mais ne suffisent pas à expliquer la situation actuelle du marché pétrolier.


Oildrum.com a sorti un article aujourd'hui pour répondre à l'article du Wall Street Journal.
Voici le lien :http://www.theoildrum.com/node/3265

On peut dire que cet article est une avancée certaine et très importante du pic pétrolier vers le rang de problème de première importance et se trouve maintenant sur la route du mainstream. Le grand public va donc progressivement entendre parler du problème de plus en plus souvent.

Autres articles et vidéos

Un autre article de la Tribune.fr débat du point de vue des économistes de la hausse des prix : Le pétrole cher n'est pas fatal à lui seul à la croissance


Un film sur le pétrole en anglais : http://video.google.com/videoplay?docid=495148273412977176&hl=en

Deux très bons articles de Ice sur son blog : http://iceblog.over-blog.com
peak oil et changement climatique
Fonte record de la banquise d'été en Arctique - again

Un article dans le prolongement de "La farce et le dindon" de André Sautou sur le blog de Imago : Sommes-nous arrivés à la croisée des chemins ?


Emmanuel Broto.


]]>
Tue, 20 Nov 2007 17:01:00 +0100 http://www.terredebrut.org/article-13946373.html
<![CDATA[Quand la Russie (et le Monde) commencera à décliner?]]> http://www.terredebrut.org/article-13939426.html Cet article a été publié le 6 novembre 2007 par Stuart Staniford sur le site oildrum.com.   Il a été traduit en français par Vincent Schwander. Merci beaucoup pour son travail.

Je rappelle que Terre de Brut est ouvert à des propositions d'articles originaux ou traduits. Ce site se veut être un espace de réflexion et d'analyse du pic pétrolier mais aussi souhaiterait aborder d'autres ressources énergétiques, minérales et alimentaires ainsi que sur le changement climatique. Je concentre mes efforts sur le pic pétrolier car celui ci est déjà bien assez pour moi tout seul mais ce n'est l'envie qui manque de traiter la glace arctique, la chute des stocks de céréales, le gaz naturel canadien, le pic de phosphates, le cuivre. Par contre, l'uranium sera traité cet hiver de manière assez intensive car celui-ci est d'une importance cruciale en France.

Petite remarque préliminaire : cet article est particulièrement important car la Russie pourrait s'avérer le joker qui décide du timing du pic pétrolier tout autant que l'Arabie Saoudite.  Aussi, Stuart nous permet d'y voir un peu plus clair pour un avenir très proche. Bonne lecture.

Cet article s'intéresse à la production russe sur le court terme. Pour approfondir le sujet, vous pouvez consulter un article très complet de Dave Cohen publié l'année dernière sur oildrum.com, ainsi qu'un commentaire plus récent de Gail  Tverberg sur oildrum europe qui résume des déclarations récentes qui préviennent de l'imminence du déclin de la production russe. Pour ceux qui veulent vraiment creuser et qui lisent l'anglais couramment, ils peuvent acheter le livre de John Grace "Russian oil Supply".

Cet article concerne des pronostics à court terme pour la Russie.
Je voudrais juste actualiser et compléter une analyse assez simple de la situation. Mais d’abord établissons le contexte.
Les dernières statistiques montre le plateau de production tout liquide qui continue en affichant une légère pente négative à la fois d’après l’IEA et l’EIA.

Moyenne journalière de la production tout liquide, par mois, de l'AIE (en vert) et de l'USEIA (prune), accompagnée des courbes de tendances sur 13 mois centrés, dont l'échelle est à gauche. Prix spot  WTI en bleu avec échelle à droite. Cliquer pour élargir.
Source: IEA Oil Market Reports, and EIA International Petroleum Monthly Table 1.4.
Les données de l'AIE sont tirées de la table 3 des tableaux à la fin de l'OMR de la dernière  livraison  duquel le chiffre de ce mois est donné. Les prix WTI sont tirés de l'EIA.


Cependant, ce déclin n’est pas statistiquement signifiant, et nous n’en discuterons pas plus. Mais, la question clé est :
 Est-ce que le plateau va continuer ?
 Est-ce qu’il va se terminer sur une nouvelle hausse de la production ?
 Est-ce qu’il va entamer son déclin ?

C’est évidemment une question fondamentale.
Rembrandt prétend que le pic se produirait d'ici quelques années.
Je suis plutôt d’avis que nous sommes en plein pic pétrolier à l’heure actuelle.
Le fait même que nous soyons en plateau depuis deux ans ou à peu près indique que toutes les nouvelles capacités de productions ont été contrebalancées par l’entropie et le chaos, à savoir  : la baisse de la production dans les champs existant, les problèmes géopolitiques, les dégradations liées aux ouragans et accidents naturels, et une production volontairement minimisée de l’OPEP .(Je suis très sceptique sur ce dernier point comme Jim Hamilton).
Les prochaines hausses de productions seront également contrariées par les forces du chaos, et notre capacité à énumérer ces dernières avec précision est extrêmement faible.

Je trouve plus instructif de regarder les tendances par pays. Si nous regardons, avant le plateau actuel, les années 2001- 2004 quand la production augmentait vigoureusement à la suite du krach sur les valeurs internet, nous pouvons identifier les pays majeurs à la hausse comme à la baisse.

Moyenne annuelle des variations journalières de production pétrolière des 5 pays qui ont la plus forte croissance et des 5 pays qui ont le plus fort déclin pour la période 2001-2004. Source: BP (incluant les NGLs).

Comme on peut le voir, les deux pays qui contribuent le plus à l’augmentation de la production sont, et de loin, l’Arabie Saoudite, et  plus encore, la Russie. Tous les autres suivent loin derrière. C’était la période au cours de laquelle une augmentation de la demande correspondait à une augmentation de la production.

Si maintenant nous regardons la période 2004-2006 (le plateau de production, donc), nous voyons ceci :

Moyenne annuelle des variations journalières de production pétrolière des 5 pays qui ont la plus forte croissance et des 5 pays qui ont  le plus fort déclin pour la période 2004-2006. Source: BP (incluant les NGLs).

Nous voyons ici que l’ Arabie Saoudite a cessé de progresser (et entama un déclin ; conseil TDB: lisez l'article sur l'Arabie Saoudite avec le lien juste avant) .  La Russie a continué de progresser, mais bien moins qu’auparavant. Aucun autre pays n’a réussi à combler l’écart, et donc la production a cessé d’augmenter.

Regardons maintenant les statistiques russes au plus près. Le schéma suivant montre la production mensuelle à partir de trois différentes sources, en même temps que le nombre de plate-formes opérant dans le pays. Ceci couvre la période 1997 à 2007, donc depuis l’époque où la Russie a remis ses infrastructures en état suite au gouffre de l’époque soviétique. En particulier, en appliquant le savoir faire occidental pour booster sa production déclinante (surtout dans les champs âgés de Sibérie occidentale, qui ont produit plus de la moitié du pétrole de l’époque soviétique).

Production mensuelle pétrolière russe selon trois sources de données :EIA Table 1.1c, IEA Table 3, et JODI. Les courbes pleines sont des moyennes sur 13 mois centrés  autour du point concerné (notez que les 13 derniers mois se trouvent sur une fenêtre incomplète). Les données de plates-formes proviennent des données de Schlumberger  et incluent les plates-formes pétrolières et gazières.

Comme on peut le voir, les sources de données convergent vers une augmentation de la production sur cette période, bien que différant légèrement sur le niveau de cette croissance.
Bien plus, le nombre de plate-forme a augmenté dramatiquement.

Remarque : nous ne disposons pour le compte de plateformes que des données Schlumberger qui ne différencie pas les plateformes pétrolières des plates formes gazières. De plus, on ne voit pas comment les données des années 90 ont été collectées durant les chaotiques années 90. Pour la clarté de cette étude, on supposera que ces données sont convenables et que le nombre de plateformes pétrolières est proportionnel au nombre de plateformes gazières.
Cependant il faut garder à l’esprit cette remarque quand on abordera les conclusions de cet article.

Après avoir noté que la production s’accroit, la deuxième observation c’est que le taux de cet accroissement diminue fortement. En particulier, si on prend les augmentations annuelles de cet accroissement, on obtient la figure suivante :

Variations de la production russe d'un mois donné par rapport à 12 mois en arrière en glissement constant à partir des données moyenne centrés selon trois sources de données : EIA Table 1.1c, IEA Table 3, and JODI. La ligne noire est l'extrapolation de la tendance actuelle et est un scénario, pas une prévision.

Le taux d’accroissement a pointé à 10% en 2003, et a chuté sévèrement depuis pour atteindre 1,5% par an à ce jour. La ligne noire montre une extrapolation à zéro dès le début 2008.  Cette croissance à zéro marquerait un pic de production. En outre, ceci impliquerait que l’excès de production entre maintenant et le pic est seulement de 1%, soit environ 100mb/j.  Nous devons néanmoins faire attention au fait que la courbe a montré un épaulement dans sa croissance, et pourrait en marquer un autre dans sa chute. La ligne noire n’est donc qu’un scénario très plausible, et non pas une prédiction ferme.

Si nous prenons en compte le nombre de plateformes, les choses semblent plus sérieuses.  Le graphe suivant montre quel a été l’accroissement de production par plate forme, exprimé en milliers de barils d’accroissement par jour, par an et par plate forme.

Taux de croissance de la production pétrolière russe par plate-forme. La production est  calculée sur une moyenne de 13 mois centrés autour du point concerné, à partir des estimations de production de IEA Table 3 . Les données sur les plates-formes proviennent de Schlumberger et les plates-formes pétrolières et gazières.

Le niveau absolu de ce graphe ne doit pas être considéré trop sérieusement puisque nous divisons une production pétrolière par le nombre de plateformes gazières et pétrolières. Cependant la tendance générale est probablement pleine de sens, et ce qu’elle montre est un effondrement de 10000 barils par jour par an et par plateforme à seulement 200 aujourd’hui. Un plus grand nombre de plateformes produit un accroissement de production bien plus faible.

Et si la Russie devait commencer à décliner l’année prochaine, ce serait la sortie du plateau mondial de production vers un déclin incontestable.

Stuart Staniford sur oildrum.com
6 novembre 2007
Traduit par Vincent Schwander





]]>
Tue, 20 Nov 2007 12:43:00 +0100 http://www.terredebrut.org/article-13939426.html
<![CDATA[Relation entre stocks OCDE, production et consommation mondiale et production OPEP et prix du baril (seconde partie)]]> http://www.terredebrut.org/article-13865998.html Après avoir étudié la courbe des stocks commerciaux de l'OCDE entre 1994 et 2008 dans la première partie, nous allons introduire la production mondiale et la consommation mondiale, ainsi que la production de l'OPEP dans cette étude. Cette article est un peu aride et difficile mais il permet de faire le point sur le comportement passé des stocks en fonction de ces variables.


Pour cela, j'ai repris la courbe des stocks commerciaux de l'OCDE dans le graphique ci dessous que j'ai ramené à une base trimestrielle, contrairement au graphique de la première partie, qui se trouvait sur une base mensuelle.

Sur ce même graphique, on peut voir les courbes de production mondiale et de consommation mondiale. 



Nous avions vu dans la première partie qu'il y avait quatre périodes au cours desquelles les stocks passaient en dessous de 2500 million de barils (mb). J'avais défini la zone en dessous de 2500 mb comme une zone de pénurie. Avant d'entrer dans la zone de pénurie, le  niveau des stocks subit forcément une chute plus ou moins rapide. Aussi, dans le graphique ci-dessus, je m'intéresse plus à la chute des stocks qu'à leur niveau absolu. Depuis 1994, on retrouve un chute des stocks à chaque fois que ceux-ci passent en dessous des 2500 mb. Cependant, je ne relève pas le déclin de 2004 qui n'est pas assez signifiant et je le laisse de côté. Aussi, je retiens le déclin des stocks de 1995-1996, de 1999-2000, de 2002-2003 et enfin de 2006-2007. 

On peut remarquer que le déclin des stocks se déroule en principe à l'automne et l'hiver tandis que les stocks se remplissent pendant le printemps et l'été. Il y a en effet, une baisse de la consommation au printemps après l'hiver. Cela est évident du fait de l'utilisation accrue d'énergie dans l'hémisphère nord durant l'hiver. Aussi, après la baisse du printemps, la consommation repart à la hausse durant l'été, à cause des vacances, et progresse en principe brutalement à l'automne avec l'arrivée du froid au nord. Souvent, le premier trimestre de l'année demande plus d'énergie que l'automne précédent mais pas toujours. Aussi, la consommation croit généralement à partir du printemps jusqu'à l'hiver suivant. Les stocks ont tendance à se remplir pendant le printemps et l'été et à se vider durant l'automne et l'hiver. Par conséquent, les stocks se trouvent souvent au plus haut vers la fin de l'été, entre août et octobre, et au plus bas vers la fin de l'hiver, entre février et mars. 

Le graphique au dessus le montre assez clairement avec sa répartition en trimestre.

La première forte chute des stocks se déroule pendant les hivers 1995 et 1996, la seconde pendant les hivers 1999 et 2000, le troisième pendant les hivers 2002 et 2003. La quatrième forte chute se déroule actuellement. Elle a commencé durant l'hiver dernier en 2007 et continuera durant l'hiver 2008.

Sur le graphique, j'ai entouré d'un cercle rouge les périodes d'automne-hiver concernés par les chutes de stocks. On voit alors très clairement que la spécificité de ces hivers est que la consommation dépasse la production durant ces deux trimestres. Il est tout à fait clair sur la graphique que chaque fois que la production dépasse la consommation, les stocks baissent immédiatement.

On peut remarquer que la production dépasse la consommation durant les hivers suivants ces fortes baisses à chaque fois. Ainsi, les hivers qui suivent ceux de 1995 et 1996, en 1997 et 1998, on observe que la production passe au dessus du pic d'hiver et ne redescend quasiment pas durant le printemps permettant de remplir à nouveau les containers des stocks. Cela se reproduit en 2001 puis en 2004, 2005 et 2006.

La première conclusion est que les stocks commerciaux de l'OCDE varie fortement en fonction de l'écart entre la consommation et la production mondiale. C'est très logique, évidemment. 

Nous allons revenir sur chaque période depuis 1994.

Première période : janvier 1994-janvier 1998

Il y a quatre hivers durant cette période. Durant les hivers 1994,1995,1996, la consommation dépasse la production et les stocks déclinent. Cependant, ils remontent au printemps et en été. On peut observer que la courbe de consommation prend une forme en double pic durant l'automne et l'hiver, avec un pic en décembre puis un nouveau en février. Le mois de janvier est généralement un mois de plus basse consommation que les deux précédents.  Je ne connait pas la réponse à cette énigme. Si quelqu'un a une piste...

 


Durant l'année 1994, les stocks sont descendus à leur plus bas niveau en mars à 2484 mb. Ensuite, les stocks remontent jusqu'à 2709 mb en septembre. Ils prennent donc 125 mb en 6 mois puis stagnent jusqu'en novembre et commence leur déclin jusqu'en mars 1995. Ils passent de 2706 mb en novembre 1994 à 2528 mb en mars 1995. Le déclin est donc de 178 mb en 5 mois dont 121 mb entre janvier et mars. En décembre 1994, l'écart entre la production et la consommation est de 1,61 mb/j. Les stocks déclinent de 1,31 mb/j. En février et mars, l'écart entre production et consommation avoisinent les 2 mb/j et les stocks déclinent exactement au même rythme.

L'année 1995 est très similaire à l'année 2007. On trouve donc un déclin durant l'hiver précédent et le plus bas niveau des stocks, en mars, est de 2528 mb. Ensuite, au cours du printemps, la production monte légérement mais comme la consommation baisse, les stocks montent à 2681 mb en juillet 1995, et baisse par la suite jusqu'à 2610 mb en novembre 1995. On peut signaler que durant cette période, la consommation est inférieure à la production. On observe une forte poussée de la consommation en novembre jusqu'en mars alors que la production croit régulièrement  mais est largement insuffisante.

Les stocks passent de 2610 mb en novembre 1995 à 2371 mb en mars 1996, ce qui fait une chute de 239 mb en 5 mois. En rythme journalier, les stocks vont baisser plus vite que l'écart entre production et consommation. Ainsi, en décembre, alors que l'écart entre production et consommation est de 2,27 mb/j, les stocks déclinent de 3 mb/j. De même en janvier, l'écart entre production et consommation est de 1 mb/j alors que les stocks déclinent de 1,7 mb/j. Il semble que la raison principale de ce déclin vient d'un hiver particulièrement froid en Amérique du Nord et en Europe.

On peut voir ensuite que la production accélére sa croissance en août 1996 pour faire face à l'hiver 1997 alors que les stocks stagnent autour de 2500 mb juste avant l'hiver. la production mondiale passe de 71,5 mb/j en août 1996 à 73,5 mb/j en décembre 1996 puis à 74,3 mb/j en avril 1997.

Durant toute l'année 1997, la production, en forte croissance, va dépasser la consommation, sauf en décembre, et les stocks vont progressivement remonter jusqu'à 2650 mb.

Ainsi, entre août 1996 et janvier 1998, la production mondiale passe de 71,5 mb/j à 76,5 mb/j ! Cela fait une croissance de 5 mb/j en 17 mois.

Dans le graphique ci-dessous, on peut voir que la réaction de l'OPEP est manifeste notamment à l'approche de l'hiver 1997 et de l'hiver 1998. Il semble évident que l'OPEP veut éviter que les stocks baissent durant ces hivers.




Seconde Période : janvier 1996 à janvier 2001

On revient un peu en arrière sur cette période. On peut voir la montée de la production de août 1996, à 71,5 mb/j, jusqu'à février 1998, à 77mb/j. Les stocks stagnent aux environs de 2650 mb pendant l'hiver 1998 puis la crise financière asiatique survient et la demande baisse brutalement de 77 mb/j en décembre 1997 à 71 mb/j en mai 1998 tandis que la production décline à 76 mb/j en mai 1998. Cela provoque une inflation importante des stocks qui montent de 2613 mb en mars à 2776 mb en mai 1998. Ceux-ci resteront perchés au dessus de 2650 mb jusqu'au début de l'hiver 2000, où la consommation va monter très fort jusqu'à presque 79 mb/j. Entre mai et décembre 1999, la consommation remonte de 8 mb/j !  La production mondiale va osciller entre 73 mb/j et 76 mb/j jusqu'en décembre 1999. Il semble que les producteurs n'aient pas vu venir la forte poussée de la demande en décembre 1999 car la production stagne tout au long de l'année 1999 autour de 75 mb/j. Ainsi, en décembre 1999, la production mondiale est égale à 74,62 mb/j alors que la consommation monte à 79,72 mb/j, ce qui fait une différence de 5 mb/j.



Durant l'année 1999, les stocks restent stables autour de 2700 mb jusqu'en août. Puis ceux-ci commencent à baisser de plus en plus rapidement jusqu'à 2600 mb en novembre  et chute d'un coup à 2448 mb en un mois. Les stocks baissent de 153 mb en un mois. C'est la plus grosse baisse en 15 ans. Cela représente bien un déclin journalier des stocks de 4,9 mb/j tandis que l'écart entre production et consommation est de 5,1 mb/j. La folie du bog de l'an 2000 s'est donc principalement produit au sein de l'OCDE.

On observe que, dès janvier, la production se met à croitre fortement puisqu'elle passe de 74,62 mb/j à 79,9 mb/j entre décembre 1999 et novembre 2000. Elle monte de 5,28 mb/j en 11 mois, ce qui est considérable. Mais on peut remarquer que la demande croit aussi très vite puisque qu'elle atteint 79 mb/j en décembre 2000.

Il est donc très clair que la production mondiale a réagi très fortement en 2000 suite au déclin des stocks en décembre 1999. De même la production mondiale avait réagi en pendant l'été 1996 suite au bas niveau des stocks à la sortie de l'hiver 1996.

La courbe de production de l'OPEP comparé à celle des stocks est très parlante. On peut voir clairement que l'OPEP a baissé ses niveaux de production graduellement depuis l'hiver 1998 suite à l'effondrement des prix en 1998, qui descendent à moins de 10$. On peut voir que curieusement, ils baissent leur niveau de production entre octobre 1999 et décembre 1999 de 1,5 mb/j alors qu'il aurait fallu faire l'inverse. Il s'ensuite une très forte réaction de l'OPEP qui passe de 26 mb/j en décembre 1999 à presque 30,5 mb/j en novembre 2000. Par conséquent, la croissance de la production mondiale en 2000 est principalement dû à l'OPEP. On peut signaler que cette forte croissance de production se traduit très peu en croissance de stocks qui ne montent qu'à 2560 mb en novembre 2000.

On voit bien que l'OPEP est un acteur crucial durant cette période et est capable de faire varier sa production très fortement.





Troisième période : janvier 2000 à janvier 2004

Après l'année 2000, la consommation reste assez stable du fait de l'éclatement de la bulle internet. De ce fait, la consommation de l'hiver 2002 est inférieure à l'hiver 2001.

La récession des USA se termine en mai 2002 alors que consommation et production se trouvent à 76 mb/j. La consommation passe alors de 76 mb/j en mai 2002 à presque 82 mb/j en février 2003, ce qui fait un augmentation de 6 mb/j en 8 mois! Cette augmentation très importante n'avait pas vraiment été prévue par les producteurs car la production mondiale ne montent qu'à 79 mb/j en février  2003 après un baisse à 77 mb/j en décembre 2002-janvier 2003. Cela se traduit par une baisse des stocks juqu'au record de 2352 mb en février 2003.



C'est en juin 2003 que la production mondiale réagit. Elle se trouve alors à 78 mb/j. On peut voir que celle-ci réagit exactement au moment où la consommation repart fortement à la hausse. Les deux vont monter au même rythme de 78 mb/j à presque 83 mb/j en décembre 2003. La croissance est de presque 5 mb/j en 5 mois! Mais, les stocks recommence à décliner en septembre quand ils atteignent 2595 mb.

On peut remarquer qu'il y a dephasage entre les stocks et l'écart entre production et consommation puisque les stocks remontent pendant le printemps 2003 alors que la production excède de peu la consommation. Ensuite, inversement fin 2003, la production excède de peu la consommation mais les stocks partent à la baisse.

En janvier 2004, production et consommation dépassent 82 mb/j et les stocks sont retombés à 2500 mb.

Quand on regarde la production de l'OPEP ci-dessous, on peut voir que l'OPEP a franchement baissé sa production entre l'hiver 2000 et le printemps 2002 puisque sa production baisse de 5,5 mb/j. C'est donc bien l'OPEP qui a encaissé la crise financière internet. Cependant, les stocks sont restés perché à plus de 2600 mb.



Ensuite, ceux-ci remontent leur production jusqu'à 29 mb/j en janvier 2004. Mais la forte croissance de la production mondiale fin 2003 est assumée pour moitié par la production non-OPEP. On est alors dans la période de plus forte croissance de la production russe. J'ai déjà documenté cela dans mon article sur le pic de décembre 2003.

On peut voir que la production de l'OPEP  chute en décembre 2002 et janvier 2003 de presque 2 mb/j. C'est bien cette baisse qui fait plonger les stocks dans les abysses. Cette baisse est dû à la grève des cadres de la société nationale PDVSA vénézuelienne contre Chavez.

De plus, le rapport mensuel de janvier 2003 rappelle que l'hiver est plus froid que prévu, que la croissance de la consommation chinoise commence à se faire sentir et que la production d'électricité nucléaire japonaise est très basse entraînant une consommation accrue de pétrole. Tout ceci concourt à une hausse plus forte que prévu de la consommation mondiale. En ajoutant la grève vénézuelienne qui paralyse la production pétrolière du pays en pleine hiver, tout ceci explique la chute importante des stocks.

Mais la seconde partie de l'année 2003 est une période de forte croissance pour la Russie mais aussi pour la production en dehors de l'ex-URSS et de l'OPEP comme le montre ce graphique.

Le pic de production non-OPEP et non-ex-URSS se produit en décembre 2003 suite à une très forte croissance dans la seconde partie de l'année 2003 puisque la production non-OPEP et non-ex-URSS prend 1,5 mb/j entre juin et décembre 2003.

La production de l'ex-URSS croit d'environ 0,8 mb/j sur cette période comme on peut le voir sur le graphique ci dessous. 
Ainsi fin 2003, la production non-OPEP et non-ex-URSS entame son déclin et se trouve en janvier 2007 au même niveau qu'en juin 2003, à 30,5 mb/j. Les stocks se trouvent à 2500 mb et donc juste à la limite de la zone de pénurie. L'OPEP tourne à un peu plus de 29 mb/j. L'ex-URSS se trouve en pleine croissance au rythme de 0,8 mb/j en rythme annuel. Cette croissance de presque 5 mb/j en 5 mois ne s'est plus reproduite depuis lors.

Quatrième Période  : janvier 2004 à janvier 2008

A la sortie de l'hiver 2004, en mars 2004, les stocks se trouvent à 2450 mb. En prévision de la croissance de la consommation fin 2004, l'OPEP augmente sa production dès le printemps de 1,5 mb/j entre mai et juillet 2004. La production atteint pour la première fois les 84 mb/j en juillet 2004. Elle y restera durant tout l'hiver 2005. Mais la consommation atteint les 85 mb/j et les stocks baissent légèrement de 2600 à 2550 mb en mars 2005. La production mondiale monte doucement de 84 mb/j en novembre 2004 à plus de 85 mb/j en mai 2005 principalement sous l'impulsion de l'OPEP.
 





Mais comme nous le voyons sur le graphique suivant, la production de l'OPEP commence à décliner après septembre 2005. La production mondiale va alors stagner dans la tranche de 84-85 mb/j jusqu'en septembre 2007.

En mars 2005, les stocks se trouvent à 2550 mb/j et vont monter en deux mois à 2650 mb  alors que la production continue à croitre et que la demande baisse. Tout le long de l'année 2005, jusqu'en novembre, les stocks vont osciller entre 2620 et 2680 mb. Pendant l'hiver, ceux-ci baissent jusqu'à 2600 mb en mars 2006 alors que la production de l'OPEP baissent jusqu'à 30,5 mb/j en mai 2006.  La production de l'OPEP remonte jusqu'en  août 2006 à 31,2 mb/j et provoque une montée  assez importante des  stocks jusqu'en septembre 2006. Ceux-ci atteignent 2760 mb. Mais la production de l'OPEP déclinent ensuite rapidement jusqu'à 29,87 mb/j entraînant une baisse de la production mondiale de 85,3 mb/j en juillet 2006 à 84 mb/j pendant l'hiver 2007. Ceci provoque une baisse de stocks de 160 mb entre septembre 2006 et mars 2007. Aussi, en mars 2007, les stocks retrouvent leur niveau de mars 2006, qui est l'exact niveau moyen de stocks: 2600 mb.

La production de l'OPEP stagne autour de 30-30,2 mb/j jusqu'en août 2007. Comme la consommation mondiale baisse, les stocks remontent jusqu'à 2682 mb en juillet 2007. Ensuite, la consommation excède la production et les stocks commencent à décliner. Ils se trouvent autour de 2620 mb fin octobre 2007.

La consommation mondiale est prévue pour atteindre plus de 88 mb/j durant l'hiver 2008 tandis que l'EIA prévoit que la production devrait monter jusqu'à plus de 88 mb/j d'ici fin 2008. L'OPEP devrait atteindre 31,5 mb/j dans la première partie de 2008 puis 32 mb/j d'ici fin 2008. L'EIA prévoit que les stocks descendront à 2500 mb en mars 2008.





Conclusion

Comme nous l'avons vu dans les descriptions précédentes, suite à un déclin trop prononcé des stocks de l'OCDE pendant un hiver, il s'ensuit en principe que la production croit fortement durant l'année qui suit pour que la production soit supérieure à la consommation durant l'hiver suivant évitant une nouvelle chute des stocks.

Il semble que la marché pétrolier suivent des sortes de cycles sur des durées de trois à 5 ans. Au cours de ces cycles, on observe une phase de baisse des stocks où la production ne suit pas la demande et une seconde phase pendant laquelle la production réagit fortement pour rattraper la demande et renflouer les stocks. Aussi, la marché n'est pas aussi régulé que ce que l'on pourrait à priori penser.

Ainsi, suite au déclin de stocks pendant l'hiver 1996, la production mondiale croit de 71,43 mb/j en août 1996 à 76,87 mb/j en février 1998, c'est à dire 5,44 mb/j en 18 mois. Sur cette croissance de 5,44 mb/j, 3 mb/j proviendront de l'OPEP, 55% du total. Les stocks bondissent de 2515 mb en août 1996 à 2650 mb fin 1998.

Suite au déclin des stocks en décembre 1999, la production mondiale passera de 74,62 mb/j en décembre 1999 à 79,09 mb/j en novembre 2000, c'est à dire 5,28 mb/j en 11 mois. Sur cette croissance, 4,26 mb/j proviennent de l'OPEP, c'est-à-dire 80% de la croissance totale. Les stocks passent de 2448 mb en décembre 1999 à 2570 mb en novembre 2000.

Suite au déclin des stocks de l'hiver 2003, la production mondiale passera de 78,03 mb/j en juin 2003 à 82,75 mb/j en décembre 2003, une croissance de 4,72 mb/j en 5 mois, dont 2,11 mb/j de l'OPEP,  44% du total. Les stocks passent de 2545 à 2512 mb.

Sur ces trois exemples passées ces quinze dernières années, on peut voir qu'à chaque fois que les stocks ont baissé fortement, la production mondiale a cru de 5 mb/j dans les mois qui ont suivi avec une part de l'OPEP de 44% à 80%. On peut remarquer que le rythme de croissance accélére au cours du temps puisque celle ci passe de 17 mois en 1996 à 5 mois en 2003. 

Il faut remarquer que la consommation varie en moyenne sur une amplitude de 5 mb/j entre son niveau le plus bas de l'année et son niveau le plus haut. Ceci est vrai de manière assez systématique. Aussi, il n'est très étonnant de retrouver ce chiffre de 5 mb/j car la production se trouve équivalente au niveau le plus de l'année qui suit le déclin fort des stocks et doit donc augmenter de 5 mb/j pour atteindre le niveau haut de l'année, vers novembre-décembre.

Il semble que l'OPEP a fait plusieurs erreurs d'appréciation, notamment en 1998 et fin 1999. Jusqu'à maintenant, le marché a pu réagir fortement à chaque fois grâce à une grande capacité d'action de l'OPEP, sa fameuse capacité supplémentaire de production,  et à une  croissance régulière non-OPEP mais cela n'est plus vraiment le cas à présent.

Pour ce qui est de l'hiver 2008, il est fort probable que le niveau des stocks en mars 2008 soit assez bas, entre 2300 et 2500 mb/j. Par conséquent, il sera nécessaire que la production mondiale dépasse la consommation pour l'hiver 2009, comme cela fut le cas dans le passé. Mais, pour cela, il faudra que la production mondiale dépasse les 90 mb/j fin 2008. Par conséquent, la production mondiale devra passer de 85 mb/j en septembre 2007 à 90 mb/j en janvier 2009. On retrouve donc ici les 5 mb/j. Pour l'instant, il reste 16 mois pour l'atteindre. Le rattrapage nécessaire à partir du printemps prochain dépendra de l'ampleur des "dégâts" de cet hiver.

On ne peut plus trop compter sur la production non-OPEP et non-ex-URSS pour combler une partie de la croissance car celle-ci se trouve désormais en déclin. l'EIA prévoit que l'OPEP augmente sa production de 1 mb/j entre septembre 2007 et janvier 2008. la Russie se trouve actuellement sur un plateau et l'Azerbaijan n'est plus très loin de sa plein capacité. Alors d'où viendront ces 5 mb/j? Le mieux est qu'ils ne soient pas necessaire, c'est-à-dire de faire baisser la demande, que les prix montent et qu'une récession s'ensuivent.




Cet article a démontré que le marché pétrolier a besoin d'une grande souplesse dans les stocks de l'OCDE et dans la capacité supplémentaire de production de l'OPEP à cause de variations très importantes de la demande (jusqu'à 8 mb/j en quelques mois). De plus, le niveau des stocks réagit immédiatement à la balance entre offre et demande. Ce niveau peut varier très rapidement dans un sens ou dans l'autre. Aussi, l'équilibre est très instable et les deux régulateurs, OPEP et OCDE, n'ont de cesse de maintenir cet équilibre. Mais les mois qui viennent pourraient rendre inopérantes les deux variables d'ajustements du marché : l'asséchement des stocks commerciaux non nécessaires de l'OCDE en même temps que la réduction à néant de la capacité supplémentaire de l'OPEP. La production mondiale sera alors à son maximum et évoluera en fonction de ses capacités matérielles. Le prix et les mesures de réduction de la demande deviendront les variables d'ajustement de la consommation à la capacité de production au temps t.

Mais le problème reste entier sur les variations saisonnières de la demande qui varient sur des amplitudes de 5 mb/j dans la même année. Ces amplitudes saisonnières sont inévitables et s'accomodent difficilement d'un manque de souplesse du système d'approvisionnement. Aussi, le résultat peut être le passage régulier par des phases de pénurie et de rationnement notamment pendant l'hiver.

On peut se demander si la régulation du système d'approvisionnement en pétrole par le marché sera encore possible longtemps car celui-ci nécessite des marges de manoeuvre trop importantes. Aussi, la prise en main du système d'approvisionnement par le gouvernement pour attribuer des quotas fixés à l'avance pourrait devenir nécessaire pour éviter des phénomènes de pénuries régulières.

La troisième partie d'ici la fin de semaine.
Mais avant d'autres articles.

Emmanuel Broto.




]]>
Sat, 17 Nov 2007 15:59:00 +0100 http://www.terredebrut.org/article-13865998.html
<![CDATA[Relation entre stocks OCDE, production et consommation mondiale et production OPEP et prix du baril (première partie)]]> http://www.terredebrut.org/article-13851001.html Je commence une analyse en plusieurs volets sur les relations entre les stocks commerciaux de l'OCDE, pris dans leur globalité dans cette étude, la production mondiale et la consommation mondiale de pétrole tout liquide, la production de l'OPEP et enfin le prix du baril.

Tous ces éléments entretiennent des relations entre eux et sont des variables du système d'approvisionnement en pétrole dans le monde.

Pour cela, j'ai pris le fichier 3a du Short Term Energy Outlook d'octobre 2007. J'ai choisi de télécharger le fichier entre 1993 et 2008 avec des durées mensuelles.

Le travail de cette étude est basé presque exclusivement sur ce fichier. Dans un article précédent, j'ai démontré que l'USEIA était un piètre prévisionniste dans ses rapports du "Short Term Energy Outlook" (STEO). Cependant, on pouvait aussi voir que l'on retrouvait une certains stabilité des données de production trois mois en arrière par rapport à la date de publication du STEO. Aussi, je considère donc les données au passé du STEO comme à peu près fiable pour établir cette étude. Il est certain que si je voulait refaire la même étude à partir des données de l'AIE, qui n'est consultable que sur les rapports mensuels en pdf, l'aggrégation des données me prendrait plusieurs jours avant d'entamer l'étude.

Dans le fichier 3a, on trouve les données de production mondiale, de la production de pétrole brut de l'OPEP, de la consommation mondiale et des stocks commerciaux de l'OCDE. Cela permet facilement de les mettre en relation. C'est ce que j'ai fait. Je pense avoir trouvé quelques éléments de réflexion troublants qui mettent en perspective  les variables du système  d'approvisionnement en pétrole dans le monde entre ses principaux acteurs, notamment  l'OPEP et l'OCDE.  L'OPEP produit  40% de la production mondiale et exporte les trois quarts du pétrole dans le monde. L'OCDE consomme plus de 60% du pétrole dans le monde et requiert un importation équivalente à la production totale de l'OPEP. C'est à dire que 40% de la production mondiale de pétrole, produite en dehors de l'OCDE, est importé au sein de l'OCDE.

Evidemment, il y a d'autres acteurs comme la Russie, en tant qu'exportateur majeur, et la Chine, en tant qu'importateur majeur. Mais la grande différence avec les deux autres acteurs, l'OPEP et l'OCDE, vient du fait que ces deux derniers ont des possibilités d'action sur le marché par leur élasticité.

Pour l'OPEP, sa capacité à agir sur le marché vient de sa capacité supplémentaire de production, qu'elle peut utiliser pour faire face à des ruptures soudaines d'approvisionnements dans le monde. Elle peut aussi baisser son niveau de production pour éviter une chute trop importante des prix mondiaux en cas de surproduction.

L'OCDE est la seule entité qui possède en grande quantité des stocks commerciaux et stratégiques lui permettant de s'adapter aux variations entre l'approvisionnement et la demande intérieure. Aussi, les stocks de l'OCDE joue le rôle d'amortisseur des variations  d'approvisionnements mondiales qui permet d'éviter des pénuries réelles à court terme et laisse le temps à l'OPEP de réguler le marché, notamment d'augmenter sa production quand les stocks baissent trop.

Ce sont donc bien ces deux entités qui régulent le marché pétrolier mondial. Les autres n'ont que très peu de possibilités d'action réelle et sont plutôt "participantes". De plus, les deux grandes places où se négocient les contrats sur le pétrole, et qui donnent le ton sur les prix mondiaux sont New York et Londres, deux places financières au sein de l'OCDE.

Après ces préliminaires, engageons l'étude.

Commençons par les stocks commerciaux de l'OCDE. L'OCDE possède deux types de stocks : les stocks commerciaux détenus par les industriels pour faire tourner le système, et les stocks stratégiques détenus par les gouvernements et qui dorment dans des containers en cas de rupture grave des importations de pétrole. Nous allons laisser de côté les stocks stratégiques dans cette étude. Ils sont actuellement de 1515 million de barils et détenus à 67% par quatre pays : les USA, le Japon, l'Allemagne et la France.

Les stocks commerciaux se retrouvent dans toute la chaine de distribution du système : Avant les raffineries sous forme de pétrole brut, après les raffineries sous forme de produits pétroliers divers (essence, gasoil, fioul, kérosène, etc...) dans les containers au bout des pipelines jusque dans les containers juste avant les livraisons de détail, etc...

Les stocks commerciaux varient de manière assez importante au cours du temps comme vous pouvez le voir sur le graphique suivant. Il existe un niveau minimal des stocks commerciaux en dessous duquel des pénuries commencent à apparaitre dans le système d'approvisionnement, c'est ce qu'on appelle en anglais le Minumum Operating Level (MOL). Le problème est que personne ne publie les MOL, et donc que l'on en a qu'une vague idée. Les américains ont bien publié un rapport sur les MOL des différentes catégories de produits pétroliers au sein des USA mais celui-ci date de 2004 et ces chiffres restent très théoriques.

Par contre, ce que l'on connait, ce sont les niveaux minimums auquel sont descendus les stocks dans le passé. Etant donné que la consommation augmente au cours du temps, on peut penser que le MOL augmente au cours du temps du fait de l'accroissement de complexité de système. Donc, les niveaux minimums expérimentés auparavant sont peut-être moins fréquentables aujourd'hui.

Dans le graphique ci dessous, je montre l'évolution des stocks commerciaux de l'OCDE entre janvier 1994 et décembre 2008. La partie entre septembre 2007 et décembre 2008 est une prévision de l'USEIA et doit donc être considéré comme tel, c'est-à-dire pas tellement fiable et sûrement plutôt optimiste.



La première remarque est que la courbe de tendance linéaire de la courbe est pratiquement horizontale très proche de 2600 million de barils. Par conséquent, la valeur moyenne des stocks depuis 15 ans reste assez stable.

Mais cela n'empêche pas des variations parfois importantes des stocks. Ainsi, le plus haut niveau des stocks depuis 1994 a été observé en août 1998 à 2797 million de barils (mb). Le plus bas niveau s'est produit en février 2003 à 2354 million de barils (mb). La différence entre ces deux extrêmes est de 443 million de barils (mb). Si l'on considère que le niveau moyen, 2600 million de barils est égale à 100%, alors les stocks ont varié entre 90,5% et 107,5% par rapport au niveau moyen ces 15 dernières années. 

Ensuite, on peut remarquer que, dès que les stocks sortent de la tranche située entre 2500 et 2700 million de barils (mb), ils y reviennent vite. Ils sont sortis franchement 6 fois depuis 1994 de cette tranche.

La première fois est en janvier 1996. Le niveau de stocks passe franchement en dessous de 2500 mb et tombent à 2371 mb en mars 1996. C'est le deuxième niveau le plus bas en 15 ans. Mais les stocks vont ensuite remonter rapidement et dépasser le niveau de 2500 mb en août 1996. Aussi, les stocks seront restés 7 mois en dessous de 2500 mb.

La seconde fois est en mai 1998 jusqu'en janvier 1999. Mais cette fois, c'est un dépassement du niveau de 2700 mb. La raison vient de l'augmentation de la production de l'OPEP au moment où la crise financière s'abat sur l'Asie. Ce dépassement est le plus long en temps. C'est aussi là que le record de niveau des stocks va être atteint en août 1998.

La troisième fois est en décembre 1999. Ce mois là enregistre la plus forte chute en un mois des stocks commerciaux de l'OCDE en 15 ans : 153 mb entre novembre et décembre 1999, ce qui représente un vidage des stocks à une vitesse de  5 million de barils par jour durant le mois de décembre 1999! La raison semble être une consommation qui a explosé en décembre 1999. Je pense que c'est la peur du chaos dans le passage à l'an 2000. Après cette chute brutale, le plus bas niveau sera enregistré en avril 2000 à 2419 mb. Puis la remontée sera très rapide et dépassera les 2500 mb en juillet 2000. Aussi, la passage en dessous de 2500 mb n'aura duré que 6 mois.

La quatrième fois, le niveau passe en dessous de 2500 mb en décembre 2002 et repassera cette barre en mai 2003. La descente durera 5 mois. Mais c'est au cours de celle-ci que l'on va enregistrer le plus bas niveau des stocks à 2354 mb en février 2003.

La cinquième fois est très courte et dure trois mois de février 2004 à avril 2004. le niveau passe encore une fois en dessous de 2500 et descend à 2460 mb en mars 2004.

Enfin, la sixième fois, les stocks passent la barre des 2700 mb en juillet 2006 pour atteindre 2760 mb en octobre 2006, deuxième record après celui de août 1998. Mais il redescend vite en dessous de 2700 dès novembre 2006. Ce dépassement aura duré 5 mois.

En moyenne, les stocks commerciaux de l'OCDE sortent du cadre entre 2500 et 2700 mb pendant 6 mois. A chaque fois, on peut voir que les stocks reviennent très vite vers la moyenne 2600 mb. En tout, les stocks sont sortis 35 mois sur les 166 mois entre janvier 1994 et octobre 2007, ce qui fait 21% du temps. On retrouve encore cette loi des 80-20, la fameuse loi de Pareto.

La conclusion de cette première analyse est que les stocks sont considérés comme évoluant dans une tranche normal entre 2500 et 2700 mb. En dehors de cette tranche, il semble que des fortes actions du marché soient menées pour ramener le niveau des stocks dans la tranche normale et ces actions sont rapides. Dans les quatre cas d'un passage en dessous de 2500 mb, on observe que le déclin dure entre deux et trois mois et que la remontée dure aussi entre deux et quatre mois. A chaque fois, la remontée est très forte. Pour les passages en dessus de 2700 mb, la première fois dure le plus longtemps en 1998, 9 mois, et reste autour de 2700 mb toute l'année 1999 jusqu'en août 1999 pour commencer à décliner jusqu'à 2600 mb en novembre 1999 puis 2448 mb en décembre 1999. En 2006, on observe un déclin tout aussi rapide après la croissance des stocks au dessus de 2700 mb.

Par conséquent, on peut considérer que le marché pétrolier mondial considère que les stocks commerciaux de l'OCDE entrent en zone de pénurie quand ils passent en dessous de 2500 mb et se trouvent en zone de surplus, et donc provoquent des possibilités de chute des prix, quand ils dépassent les 2700mb.

Pour la zone de pénurie, On peut dire que la zone jusqu'à 2400 mb ne semble pas particulièrement dangeureuse. Par contre, les stocks ne sont passés en dessous de 2400 mb que deux fois et à chaque fois pendant un seul mois : en mars 1996 et février 2003. Il est donc surement considéré comme une zone dangereuse dont il faut sortir rapidement. Il est donc probable que le Niveau Minimum des stocks (le MOL) se trouvent quelque part  en dessous de 2350 mb. A combien? 2300? 2200? moins?

Pour l'instant, on n'en est pas encore là. mais il y a une chose qui est certaine. C'est que la nervosité des marchés et donc les prix devraient augmenter fortement quand les stocks vont passer en dessous de 2500 mb durant cet hiver. Ce sera alors la septième sortie de la tranche normale depuis 1994. Ensuite,  l'OPEP a trois mois pour réagir et les stocks doivent repasser la barre des 2500 mb trois mois plus tard. C'est le scénario qui est normalement attendu en fonction de ce qu'il s'est produit dans le passé récent. Mais si l'OPEP ne peut réagir pour faire remonter les stocks, ce doit être les prix qui doivent prendre le relais en provoquant une baisse de la demande permettant de repasser en dessous du niveau de production.

Par conséquent, on peut penser qu'il va y avoir plusieurs phases dans le processus en cours, la première tient à la descente des stocks depuis juillet jusqu'au niveau moyen de 2600 mb en octobre 2007. Depuis début novembre 2007, nous sommes entrés dans la seconde phase entre 2500 et 2600 mb. Les stocks vont continuer à baisser mais comme la hausse des prix commence aussi à agir sur la consommation, il y a une grande incertitude sur l'évolution prochaine des stocks. La troisième phase commencera quand les stocks passeront en dessous des 2500 mb. On devrait assister alors à une certaine hystérie de la part des responsables de l'OCDE à ce moment là et la pression sur l'OPEP sera maximum. Les prix vont s'envoler et vont évoluer en fonction des stocks. Il y a des chances que ceux-ci restent à des niveaux assez bas, voire vont continuer à baisser malgré la hausse des prix. La troisième phase peut commencer dès janvier ou février 2008. Les phases suivantes sont difficiles à prévoir car il y a trop de paramètres.  

La suite de l'étude au prochain numéro.

Manu Broto.


]]>
Fri, 16 Nov 2007 21:07:00 +0100 http://www.terredebrut.org/article-13851001.html
<![CDATA[Libération : L'or noir déjà sur la réserve]]> http://www.terredebrut.org/article-13769618.html Qu'est-ce qui leur arrive?


par-dessous le marché. Chaque lundi, le capital décrypté   CHRISTIAN LOSSON(1) Simmonsco-intl.com, Peakoil.net et Postcarbon.org   QUOTIDIEN : lundi 12 novembre 2007    
   loadNbReaction('NbReactions',curDocId);   La fin du pétrole ? C’est sûr. Quand ? Ça l’est moins. La fin du pétrole bon marché ? C’est fait. Irrémédiablement ? C’est plus que probable. Peu de chance qu’on trouve des économistes prêts à prendre des paris pour retrouver, un jour, un baril de pétrole sous les 10 dollars… Et pourtant, 9,8 dollars, c’était le prix des 159 litres de brut en décembre 1998. 98 dollars, le 7 octobre 2007, c’est du fois dix.   En cours. Neuf ans plus tard, le monde de l’énergie est durablement transfiguré. Et le pétrole s’accroche à un sommet duquel il risque bien de ne plus dévisser. Poussé par la boulimie de grands pays émergents, Chine en tête. Attisé par les spéculateurs qui préfèrent les matières premières aux joies, douloureuses, des subprimes. Gonflé par un dollar de plus en plus considéré comme une monnaie de singe par les pétromonarchies. Electrisé par les battements d’ailes des papillons géopolitiques. Que disent les «experts» ? Le FMI : «Les effets des prix élevés du pétrole semblent contrôlables. Ces hausses de prix sont tirées par une croissance soutenue de la demande dans les pays émergents, comme la Chine, plutôt que par une offre insuffisante.» L’Opep : «Il faut durcir la législation des marchés pétroliers pour contrer les phénomènes spéculatifs.» Claude Mandil, ex-directeur de l’Agence internationale de l’énergie : le progrès technique nous permettra de trouver d’autres gisements. Aucune institution, aucun pays n’envisagent sérieusement le scénario d’un épuisement déjà en cours. Le pic pétrolier, hier encore perçu comme la prophétie d’une niche de pessimistes, semble pourtant de plus en plus auto-réalisatrice. Les Cassandre de l’Aspo (Association pour l’étude du pic pétrolier), emmenées par Colin Campbell, un ex-géologue qui a annoncé le pic en 2005, se sentent du coup un peu moins seules. Elles ont été rejointes par l’EWG, un groupe de scientifiques allemands qui estime que la production a commencé à décliner de 3 % depuis 2006. Et le nombre de sites sérieux dédiés au peak oil se multiplie sur la Toile (1). Même des banques (telles que Simmons & company), l’évoquent ouvertement. Plan B. Est-ce sûr ? Non. Mais la cécité de la communauté internationale qui refuse même d’en parler, d’en débattre, et d’envisager un plan B, est, elle, sûrement catastrophique. Une chose est sûre : on ne trouve plus grand monde pour assurer que le pic interviendra dans quarante ans… ]]>
Tue, 13 Nov 2007 16:50:00 +0100 http://www.terredebrut.org/article-13769618.html
<![CDATA[Quand Total, BP, Conoco et l'AIE crachent le morceau...]]> http://www.terredebrut.org/article-13740887.html Ces deux dernières semaines, les pétroliers et l'Agence International de l'Energie ont fait des déclarations qui tranchent franchement avec ce qu'on avait l'habitude d'entendre.

Jerôme à Paris a retracé ces déclarations sur European Tribune et l'article a été repris et  augmenté sur Energy Bulletin et Oil Drum et Daily Kos.

Le 31 octobre 2007, le baril de Sweet Light Crude à New York atteignait un nouveau record à plus de 94$ le baril après trois semaines durant lesquelles le baril avait battu record sur record. Cette montée vertigineuse a continué début novembre puisque le baril a atteint 98,7$ la semaine dernière.

Déclaration de Christophe de Margerie
relaté par Financial Times 
31 octobre 2007
Mais ce 31 octobre 2007, les pétroliers ont commencé à sortir de leur réserves. C'est le PDG (CEO en anglais) de Total qui a commencé le premier à se mettre à table. Un article est sorti sur le Financial Times mais je n'ai pas trouvé d'article sur ces déclarations dans Le Monde (tiens donc...).

La déclaration de Christophe de Margerie a été faite lors d'une conférence à Londres appelée "Oil and Money" au cours de laquelle, apparemment, il a été question de limites de production...

Voici ce qu'il a déclaré : "100 millions de barils par jour est maintenant de mon point de vue un scénario optimiste."

l'AIE prévoit que la production mondiale de pétrole atteindra 116 mb/j en 2030 et l'USEIA fait le pronostic de 118 mb/j d'ici 2030. Mais le PDG de Total dit aujourd'hui qu'il sera difficile d'atteindre un jour les 100 mb/j.

Il explique que :"Ce n'est pas mon point de vue mais le point de vue de l'industrie, ou le point de vue de ceux qui veulent parler clairement, honnêtement, et pas...pour juste faire plaisir aux gens."

Ensuite, il explique quand même que le problème ne vient pas du manque de réserves mais de la capacité de l'industrie à produire assez vite, notamment au sein des pays riches en pétrole.

Il déclare que "Nous avons été tous trop optimiste avec la géologie. Pas en terme de réserves mais en terme de la manière de développer ces réserves : combien de temps cela prend et combien avons nous réellement besoin."

Il rejoute que l'industrie n'avait pas compris que les pays riches en pétrole voulaient préserver leur meilleurs gisements en laissant les plus difficiles et les plus petits aux investisseurs étrangers. Dans de nombreux pays, l'Irak, le Nigéria et le Vénézuela, des problèmes politiques et de sécurité soustraient des approvisionnements et il y a de grandes incertitudes sur les prévisions de production.

Après cela, il revient sur les 100 mb/j : "100 millions de barils par jour est difficile, parceque dans les 100, nous avons déjà intégré les quantités additionnelles de l'Irak, du Vénézuela et du Nigéria; nous avons intégré des quantités additionnelles de partout. Et nous savons aujourd'hui que ces développements ne sont pas en cours de réalisation."

Thierry Desmarest, qui était le prédecesseur de Christophe de Margerie à la tête du groupe Total jusqu'à l'année dernière, avait fait sensation quand il avait dit qu'il prévoyait que la production pétrolière mondiale devrait atteindre un pic autour de 2020. En cela, il rejoignait l'IFP et ASPO France, comme l'a dit Mr Bauquis lors de la conférence de l'ASPO à Cork en septembre. Il est certain que cette déclaration était beaucoup plus pessimiste que les autres entreprises internationales. Mais le 31 octobre 2007, De Margerie s'est engagé encore plus loin.

Dans l'article de Financial Times, l'auteur fait remarquer que Total, qui fait maintenant partie des 5 premières entreprises pétrolières internationales au monde (the Big Five) était celle qui connaissait la plus grosse croissance de sa production bien qu'ils aient été obligé d'abaisser dernièrement leurs prévisions de croissance de production.

FT rappelle aussi que Rex Patterson, le président de Exxon-Mobil, la plus grande compagnie pétrolière internationale au monde, avait déclaré cette année à FT qu'il pensait que les sources de production en dehors de l'OPEP "pourraient croitre encore un peu (a little more growth)" et devraient très prochainement stagner (level off).

Ici, je reviens sur le graphique publié par Energy Watch Group le 20 octobre sur la production des majors juste pour se rappeler qui sont les 8 majors : ExxonMobil, Shell, BP, Total, Chevron, Repsol, Eni, Conoco-Phillips. Ces huit majors produisent actuellement environ 13 mb/j.




Déclaration du PDG de Conoco-Phillips
jeudi 8 novembre 2007
La semaine dernière, ce sont deux autres PDG de grandes compagnies pétrolières, la Conoco-Phillips et BP, qui ont craché le morceau ainsi que  l'économiste en chef de l'AIE dans un entretien avec (encore) le Financial Times suite à la publication du World Energy Outlook 2007 (WEO 2007) de l'AIE.

Un article de CNN-Money relate ces événements.

James Mulva, le PDG de Conoco-Phillips, déclara à un conférence à New-York le jeudi 8 novembre 2007, qu'il doutait que les producteurs de pétrole soient capables de satisfaire les prévisions à long terme de croissance de production. En cela, ils faisaient référence aux prévisions de production de 116 mb/j par l'AIE et 118 mb/j par l'USEIA. 
Comme le PDG de TOTAL une semaine avant, il déclara qu'il ne croyait pas la production puisse un jour dépasser la barre des 100 millions de barils par jour. Il dément donc publiquement les projections de l'AIE et de l'USEIA.

Nous en sommes actuellement à une demande entre 86 et 88 mb/j. Si la progression de la consommation continuait sur sa pente actuelle, ce qui semble peu probable, la barre des 100 mb/j n'est si loin que cela. La barre des 90 mb/j serait atteinte d'ici 2009, des 95 mb/j d'ici 2012 et des 100 mb/j d'ici 2015. Par conséquent, dire que la barre des 100 mb/j ne sera pas atteinte signifie en d'autres termes que le pic pétrolier n'est plus très loin.

Voici ses mots  : "la demande va monter, mais elle sera contrainte par la production. Je ne pense que nous irons plus loin que 100 millions de barils par jour et la raison est celle-ci : d'où est-ce que tout ceci proviendra?"

Dans cet article, il est noté que Mulva avait déjà déclaré que la barre des 100 mb/j ne pourrait être dépassé en mars lors d'une conférence de l'industrie pétrolière.

Au cours de la conférence de l'ASPO à Cork en septembre,  Ray Leonard de Koweit Energy  Corporation avait fait une présentation sur  certaines conclusions d'une conférence réservé uniquement à l'industrie pétrolière en novembre 2006, la conférence de Hedberg. Il avait notamment montré un graphique et évoqué le fait que l'industrie était parvenu au consensus que la barre des 100 mb/j constituait une limite indépassable aux environs de 2015 avec un plateau jusqu'en 2020. Il semble maintenant que les pétroliers sont en phase d'annonce public des ces résultats.




Déclaration du PDG de BP
jeudi 8 novembre 2007
Maintenant, passons au nouveau PDG de BP, Mr Tony Hayward. Il prédit que les prix devraient rester dans la tranche de 60-80$ et qu' "il était très clair que l'ère de l'énergie pas cher était derrière nous sur le moyen terme." Il ne précisa pas combien de temps durait le moyen terme. Ensuite, il déclara que "environ la moitié du pétrole a été extrait" mais que les techniques de recouvrements (les EOR : Enhanced Oil Recovery) permettrait de continuer à croitre, "la plus grande source de nouveau pétrole viendra d'un meilleur recouvrement."

Petit aparté sur le taux de recouvrement

Il est peut-être necessaire d'expliquer à ceux qui ne s'y entendent pas très bien en techniques pétrolières ce que signifie "meilleur recouvrement". Dans les gisements, l'industrie est capable d'extraire une certaine quantité de pétrole par  rapport à ce qu'il se trouve dans le sou-sol. Ce pourcentage peut aller de 5% à 95% suivant la géologie du gisement, si il est fracturé ou non. Ainsi, il reste toujours du pétrole dans les gisements qui n'est pas extrait et les technoscientistes veulent faire croire qu'avec la technologie (EOR), il va être possible de pouvoir extraire plus de pétrole relativement à ce qu'il y a réellement dans le sous-sol. C'est ce qu'on appelle améliorer le taux de recouvrement (Oil Recovery).

Jean laherrère l'explique un peu dans l'entretien que nous avons eu à Cork. Mais pour ceux qui veulent creuser ce point crucial, utilisé souvent  par les compagnies pétrolières pour faire croire que la technologie va tout résoudre, je leur conseille de lire les travaux de jean Laherrère sur ASPO France. Il explique très bien dans son papier, en anglais, "Uncertainty of Oil and gas supply" que les techniques EOR ne permettent pas d'améliorer le taux de recouvrement, c'est-à-dire d'extraire plus de pétrole, bien au contraire, mais abiment le gisement et provoquent l'inverse sauf dans des cas particuliers.

On peut aussi facilement montrer que l'emploi des techniques EOR, surtout après le pic, n'ont jamais fait reculer le pic mais seulement limiter le taux de déclin pour un temps avant d'entraîner une accélération dramatique des taux de déclin vers la fin de l'exploitation.

Les meilleurs exemples sont ceux des USA et de la Mer du Nord qui ont atteint leur pic de production respectivement en 1970 et 2000 malgré l'emploi de la meilleur technologie qui existe. 

Retour à Mr Hayward

L'important dans la déclaration de Mr Hayward n'est donc pas la fait qu'il croit aux EOR mais qu'il affirme que la moitié des réserves viennent d'être extraite dans le monde! Il est considéré que le pic pétrolier survient quand la moitié des réserves ont été extraite et que les deux événements coincide à peu près en régle général. Aussi, dire que la moitié des réserves ont été extraite signifie en d'autres termes que le pic pétrolier est très proche.
Selon Jérome, dan son article, c'est la première fois qu'un PDG de compagnie pétrolière dit que la moitié des réserves ont été extraites.

Cependant, officiellement, il rejette l'idée du pic pétrolier. Il ne faut pas trop lui en demander. Il refuse de dire que les prix resteront haut de manière permanente et il ne donne pas de plafond de production, évoquant la possibilité d'une croissance par les technologie de recouvrement. Il est donc moins pessimiste que le PDG de Conoco.



Interview de l'économiste en chef
de l'Agence Internationale de l'Energie,
Fatih Birol,
par le Financial Times
7 novembre 2007
Jerome, dans son article pour European Tribune, note que les déclaration précédentes représentent de la petite bière comparée à l'entretien de Fatih Birol pour le Financial Times (FT).

Il donne un résumé de ce que dit Fatih Birol :

- Nous avons dépassé le pic de production non-OPEP.

- l'OPEP a officiellement d'immenses réserves mais nous ne savons pas si elle existent réellement.

- Même si tous les investissements prévus sont faits et tous les projets sont dans les termps, il va manquer 12,5 mb/j d'ici 2015 pour satisfaire la demande car il faudra ajouter 37,5 mb/j de nouvelles productions dans les 7 ans qui viennent du fait du déclin des gisements actuellement en production (25 mb/j) et de l'augmentation de la demande (12,5 mb/j).

- Ceci n'est qu'un des deux problèmes liés à l'énergie avec le changement climatique et ce dernier est de loin le pire.

Cet entretien fait suite à la publication du très important rapport annuel de l'AIE, le "World Energy Outlook 2007" (WEO 2007). Rapport que je n'ai pas acheté.


Dans l'entretien, la première question de Ed Crooks du FT cite une phrase du WEO 2007: "la croissance de la consommation énergétique mondiale pose une